L'ensemble du staff de Fleury Michon et Avril avait donné rendez-vous à la presse, le 23 novembre chez un éleveur de porcs des Côtes-d'Armor, pour lancer officiellement la gamme « j'aime », des jambons et rôtis de porcs élevés sans antibiotiques (après sevrage). Le groupe annonce des perspectives de croissance encourageantes de cette gamme.
Le leader incontesté du marché français de la charcuterie traiteur en libre-service (21,8 % de parts de marché pour le seul jambon cuit) a lancé fin septembre sa gamme « j'aime », pour l'heure constituée de deux références, du jambon et du rôti de porc en deux et quatre tranches (Agra Alimentation du 1er octobre 2015). « Les référencements progressent rapidement », dit le groupe familial. Un développement de la gamme « j'aime » qui pourrait suivre celle du « venez vérifier » dans le surimi. Après la mise en place de ce dispositif (transparence des pratiques, engagement environnemental et sociétal), les ventes de surimi Fleury Michon ont spectaculairement progressé, selon le directeur-général, Régis Lebrun. Peut-être en sera-t-il de même cette fois avec le jambon sans antibiotiques. Fleury Michon l'envisage sérieusement, estimant possible qu'à terme, « les ventes de la gamme représentent 20 % voire plus de l'ensemble de la branche », explique Alex Jouannis, directeur de Fleury Michon Charcuterie. Fleury Michon traite chaque semaine 100 000 à 150 000 jambons par semaine selon la saison, à 70 % d'origine France, le reste venant majoritairement d'Espagne.
« UNE AUTRE VOIE POSSIBLE EN MATIÈRE D'ÉLEVAGE »
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Ces produits de charcuterie issus de porcs élevés sans antibiotiques et nourris sans OGM proviennent de vingt-trois élevages de Porc Armorique Evolution, groupement de producteurs partenaire du groupe Avril. Le quatrième groupement porcin français (six cents éleveurs, 1,8 million de porcs charcutiers produits dans l'année) peut monter en puissance selon la demande. La vertu de cette gamme ? « Répondre aux besoins du consommateur en matière de nutrition-santé et démontrer qu'une autre voie est possible en matière d'élevage », explique Régis Lebrun directeur-général de Fleury Michon (707 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014 avec 3 800 salariés). Par nouvelle voie, le dirigeant de l'entreprise familiale vendéenne entend adaptation de l'élevage au risque d'antibiorésistance, un problème sanitaire majeur par lequel des bactéries peuvent muter au contact de molécules antibiotiques censées les combattre. Depuis les années 2000, l'usage des antibiotiques en élevage est de plus en plus réglementé. La France a lancé en 2012 son plan Ecoantibio 2017. Cooperl Arc Atlantique a orienté sa marque Brocéliande en charcuterie LS sur ce créneau. Fleury Michon y arrive maintenant. Mettre sur pied cette filière a pris trois ans. Les vingt-trois éleveurs « j'aime » de Porc Armorique Evolution, quatrième groupement de producteurs de France (1,8 million de porcs charcutiers produits par an dans six cents élevages) ne sont pas entrés dans la démarche par hasard. Ils ont déjà travaillé sur des filières spécifiques ou sous signes de qualité et disposent d'un vrai savoir-faire en matière de biosécurité et de conduite d'élevage pour s'affranchir de tout traitement antibiotique. « Quand un animal tombe malade, je le soigne avec un antibiotique. Dans ce cas, il est bouclé à l'oreille et retiré du circuit Fleury Michon », explique Roland Lefeuvre, éleveur. L'aliment est fabriqué par Sanders, marque du groupe Avril. Dans cette démarche, l'éleveur reçoit 7 centimes du kilo de porc de FleuryMichon pour compenser les surcoûts de production.