Après 18 ans à la tête de l'entreprise, Franck Riboud passe le flambeau à Emmanuel Faber, actuel directeur général délégué, entré dans le groupe en 1997. Après avoir occupé différents postes dans la maison, ce dernier était depuis quelques temps déjà désigné comme le meilleur successeur potentiel.
À LA tête de Danone depuis 1996, Franck Riboud (58 ans) a décidé de confier les rênes opérationnelles à Emmanuel Faber (50 ans), actuellement directeur général délégué, aux côtés de Bernard Hours, qui quitte quant à lui l'entreprise après 30 ans de bons et loyaux services. Cette évolution de la gouvernance de Danone sera effective le 1er octobre. Elle répond au souhait de Franck Riboud, qui conserve la présidence du conseil d'administration, « de se concentrer sur les grandes orientations stratégiques de Danone à moyen et long terme et de préparer dans les meilleures conditions sa succession à la tête de l'entreprise », indique le communiqué publié le 2 septembre.
Cette annonce n'est pas vraiment une surprise. Elle marque en revanche la fin d'une époque chez Danone, le groupe n'ayant jamais eu que des Riboud à sa tête, alors que la famille ne contrôle plus qu'une part infime du capital. Antoine le père tout d'abord, le fondateur du groupe verrier BSN (Boussois Souchon-Neuvesel), qui a la bonne idée de passer du « contenant au contenu » en fusionnant avec Gervais en 1973, créant ainsi le numéro un français de l'agroalimentaire. Antoine Riboud confie la présidence à son fils Franck, en 1996, le groupe ayant entretemps changé de nom pour celui de Groupe Danone. À coup de cessions, le jeune patron se recentre sur les trois divisions les plus porteuses : les produits laitiers, les eaux et les biscuits. En 2007, les biscuits Lu seront finalement vendus à l'américain Kraft Foods, confirmant ainsi la stratégie de Danone de se positionner sur l'alimentation santé. Dans le même temps, le groupe a réussi sa percée sur les marchés émergents. Aujourd'hui, Danone pèse plus de 21 milliards d'euros de chiffre d'affaires, dont 10% seulement réalisés en France, autour de quatre divisions phares : les produits laitiers frais, les eaux, la nutrition pour bébé et la nutrition médicale.
De nombreux défis attendent Emmanuel Faber. Le climat économique n'est pas porteur, et le groupe rencontre des difficultés sur certains de ses marchés, notamment en Chine depuis ses déboires avec Fonterra. « Sa connaissance profonde des organisations et des modes de fonctionnement de notre entreprise, sa compréhension des enjeux économiques et sociétaux de nos secteurs d'activité, sa capacité d'innovation, son exigence de résultat et son attachement à la culture et aux marques de Danone, en faisaient le candidat naturel pour être celui qui dirigera les 100 000 collaborateurs du groupe », a commenté Franck Riboud, qui continuera à travailler en étroite collaboration avec lui.