On ne reverra plus le monde d’avant la crise financière de 2008. Celle-ci a coïncidé avec une flambée des denrées agricoles qui, elle, se répète aussi violemment cette année. Entre temps, l’idée de vouloir réguler les marchés a cessé d’être politiquement incorrecte. Mais elle n’est pas unanimement partagée malgré les nombreux efforts de pédagogie menés par la France dans toutes les directions.  Son premier succès est d’avoir conquis la présidence du G20 et, pour Nicolas Sarkozy, d’ y faire figurer en bonne place dans l’ordre du jour la lutte contre la volatilité des prix des matières premières agricoles. Et ceci en associant le président russe Dimitri Medvedev à des travaux qui devront avancer lors d’un Sommet des ministres de l’Agriculture prévu en juin à Paris. Les vingt dernières années ont  multiplié par trois la volatilité, ce qui selon les moments provoque la ruine des producteurs ou asphyxie les consommateurs. Aujourd’hui, outre le risque de nouvelles émeutes de la faim, l’actuelle flambée des cours va peser sur la reprise : l’intérêt commun des Etats est donc de s’en prémunir et de limiter l’impact de la spéculation financière sur les marchés agricoles et sur les marchés dérivés. Les pistes suggérées par Paris vont de la création d’une base de données commune pour améliorer la transparence des marchés physiques, à la régulation harmonisée des marchés les plus opaques comme les marchés de gré à gré qui ne sont pas centralisés. Des mesures qui, au mieux sortiraient du Sommet des chefs d’Etat de novembre. D’ici là le yo-yo continue !