Après deux épisodes de gel entre le 24 et le 26 mars, puis dans la nuit du 30 mars au 1er avril, vignes et arbres fruitiers ont été relativement épargnés. Quelques gros dégâts sur abricots ont déjà été constatés dans la Drôme, avant un bilan plus global d’ici fin avril.
Alors que dans la nuit du 30 mars au 1er avril, arboriculteurs et viticulteurs étaient en état d’alerte face au risque de gel, les dégâts sont finalement moindres qu’escomptés. « Il a gelé à nouveau dans les mêmes coins que la semaine dernière, dans la Drôme et la zone de production d’abricots des Baronnies », a indiqué le 2 avril la présidente de la FNPF (producteurs de fruits, FNSEA) Françoise Roch. Les dégâts seraient donc circonscrits mais bien réels pour les producteurs concernés. « Ce nouvel épisode a touché les bordures de la vallée du Rhône : Isère, nord de la Drôme et fonds de vallée », détaille le directeur de la Fédération des fruits et légumes d’Occitanie (FFL) Raphaël Martinez. « Avec des températures allant de -4 à -5°C les dégâts sont très importants. [Cela représentera] probablement une perte totale pour les producteurs d’abricots touchés, mais ils sont peu nombreux à notre échelle », poursuit-il.
D’après Françoise Roch, on connaîtra plus précisément l’ampleur des dégâts à la fin du mois d’avril. « Les gars me disent “est-ce que ça va faire une demi-récolte ou une récolte sans éclaircissage ?” C’est très dur à dire aujourd’hui », explique-t-elle d’autant que la météo des prochaines semaines jouera un rôle « décisif » dans le développement des fruits. Du côté des producteurs de pommes, quelques dégâts ont été signalés la semaine dernière dans les Alpes et l’Alsace notamment, même si la FNPF « ne s’attend pas à des pertes considérables », selon sa directrice Stéphanie Prat.
Peu de dégâts en Bourgogne
En viticulture, les premières gelées ont fait peu de dégâts pour l’instant. Le vignoble de Bourgogne a été relativement épargné, indique-t-on de sources professionnelles proches de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne (CAVB). Pourtant les températures sont descendues, dans l’Auxerrois et le Chablisien jusqu’à -4°C, parfois encore plus bas (- 5 ou – 6°C) dans des fonds de vallées. « L’air étant sec, avec un taux d’humidité de l’air inférieur à 40 %, les bourgeons n’ont pas été grillés par le froid », témoigne Jean-Hugues Goisot, vigneron dans l’Auxerrois. « Nous avons la chance d’avoir un temps sec », confirme pour sa part Louis Poitout, vigneron dans le Chablisien. « Nous avons un répit, mais nous ne serons pas à l’abri du gel printanier jusqu’au 10 mai », précise-t-il. Le débourrement, qui s’est produit plus tôt qu’avant « fait que maintenant nous craignons le gel pendant un mois et demi, alors que nous avions seulement 15 jours à risque il y a une vingtaine d’années », selon Jean-Hugues Goisot. Face au gel, les viticulteurs du vignoble de Chablis recourent parfois à l’aspersion d’eau, mais cela « nécessite d’avoir de grandes quantités d’eau, des canalisations et du matériel », précise-t-il. Les chaufferettes sont plus faciles à déployer. Enfin, la résistance au gel varie selon les cépages : le chardonnay y est sensible, le sauvignon, plus tardif, échappe aux effets délétères des gelées sur les bourgeons.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le Var et la vallée du Rhône touchés
Les départements du sud de la France (Drôme, Ardèche, Gard et surtout le Var) ont, quant à eux, vécu leurs premières gelées significatives sur vignes entre le 24 et le 26 mars. « Le thermomètre est descendu jusqu’à -5,7°C dans des exploitations viticoles du Var », a signalé Jérôme Despey, président du conseil spécialisé viticole de FranceAgriMer le 2 avril. Une situation d’autant plus périlleuse que la vigne, qui a au moins deux semaines d’avance, a débourré (les écailles du bourgeon s’écartent) dans la partie sud du territoire français. La fédération des caves coopératives du Var a précisé le 27 mars que « les températures ont été négatives entre 23 heures et 8 heures du matin sur tous les secteurs avec une humidité haute » et que « les secteurs les plus touchés sont le centre Var ». Dans la vallée du Rhône, le vignoble de Condrieu a également subi des dégâts dus au gel, selon Raphaël Martinez.
« Probablement une perte totale pour les producteurs d’abricots touchés »