Abonné

PRODUITS DE LA MER /RACHAT Gelmer est passé sous pavillon allemand

- - 4 min

En difficulté financière, Gelmer, le spécialiste des produits de la mer enrobés et surgelés, vient d'être racheté par l'allemand Greenland Seafood qui va transférer une partie de sa production sur le site de Wimille (Pas-de-Calais).

Le 12 avril, sans en faire la communication ni révéler le montant de la transaction, Gelmer, le spécialiste des produits de la mer enrobés et surgelés (panés, beignets, fish & chips, meunières), a été racheté par la société allemande Greenland Seafood, son concurrent direct sur le marché français. « Gelmer connaît des difficultés récurrentes depuis plusieurs années, liées principalement à un net sous-emploi de ses capacités de production qui, sur le site de Wimille, s'élèvent à 35 000 tonnes de produits finis par an. Ainsi en 2015, nous n'en avons produit que 14 000 tonnes alors que le seuil de rentabilité du site se place à un niveau de tonnage deux fois plus élevé ! Malgré nos efforts constants pour diminuer les pertes depuis plusieurs exercices, nous avons encore enregistré un déficit de 3,5 millions d'euros l'an dernier, pour un chiffre d'affaires de 57 millions et nous ne parviendrons pas à redresser la situation si notre plan de charge de production n'augmente pas de manière significative », détaille Yannick Allouchery, directeur général de Gelmer depuis 2014, qui est maintenu dans ses fonctions.

UN RAPPROCHEMENT GAGNANT GAGNANT

Depuis 2011, Gelmer appartenait au groupe chinois Pacific Andes, via le groupe Pickenpack Europe. En 2015, Pacific Andes a connu d'importantes difficultés, au point de vouloir se désengager du marché européen et de ne plus soutenir financièrement Pickenpack Europe qui a été placé en redressement judiciaire puis a déposé le bilan en décembre 2015. Pour sauver Gelmer et ses 212 salariés (moyenne d'âge 51 ans pour la partie production), Yannick Allouchery est allé solliciter les deux dirigeants de Greenland Seafood pour un rapprochement financier et industriel. Il faut préciser qu'Allan Christian Jensen et Patrick Barinet, respectivement président-directeur général et directeur général de l'entreprise allemande (plus de 400 salariés), ont tous les deux, par le passé, travaillé chez Gelmer, en collaboration avec Yannick Allouchery. « Basée à Wilhelmshaven (Basse-Saxe), l'usine de Greenland Seafood a atteint sa capacité maximale de production de 70 000 tonnes par an et cherchait, pour continuer son expansion, soit à faire une acquisition externe, soit à étendre son site existant. Finalement, les capacités de production non exploitées, les certifications (IFS niveau supérieur et BRC AA+) et les compétences reconnues du site de Gelmer sont une opportunité que Greenland Seafood a saisie », poursuit Yannick Allouchery.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Pas-de-Calais
Suivi
Suivre

AMÉLIORATION DE LA RENTABILITÉ

Avant la fin de l'année, Greenland Seafood va donc transférer 10 000 tonnes et une ligne de production chez Gelmer. Avec ce surplus, le site de Wimille devrait atteindre son seuil de rentabilité et arrêter de perdre de l'argent. « Si nous avons déjà perdu plus de 1,5 M€ depuis début 2016, nos comptes de résultats mensuels deviendront positifs au dernier trimestre », assure Yannick Allouchery. Construit en 1995, le site Gelmer de Wimille compte cinq lignes de production permanentes (une sixième existe en appoint) et fabrique à façon une gamme de 240 produits de la mer enrobés, autant pour les MDD en GMS que pour la RHF. « Depuis sa création, le site n'a jamais tourné à sa pleine capacité et n'a donc jamais gagné d'argent (les pertes cumulées sur les exercices 2010-2015 s'élèvent ainsi à 40,9 M€, NDLR). Depuis mon arrivée dans l'entreprise en 2008 en tant que directeur du site puis comme directeur général, j'ai connu trois changements d'actionnaires, sans compter les précédents ! Gelmer avait besoin de ce rapprochement stratégique – et gagnant-gagnant aussi pour Greenland Seafood – pour pouvoir se maintenir et, espérons-le, commencer à se développer », conclut Yannick Allouchery.