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Trois questions à Gilles Huttepain (LDC), président de la FIA

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La filière réclame des hausses de tarifs depuis plusieurs mois. Où en est-elle ? 
La répercussion de la hausse du prix des matières premières est effectivement notre première préoccupation. Le prix du vif a augmenté de 22 % à 26 % depuis juillet dernier. Les abattoirs ont besoin d’une hausse de tarif de 15 % à 17 % auprès de leurs clients. Une partie des hausses est passée, mais il faut encore augmenter le tarif de 7 %. Si ce n’est pas possible, la pérennité de certains abattoirs sera remise en cause et cela posera un problème compte tenu des contrats qui sont passés avec les éleveurs. On ne le dit pas assez, mais dans notre filière, les contrats existent depuis longtemps.
Sur les quatre premiers mois de l’année, malgré l’augmentation des prix, la consommation de volaille a progressé de 1 % alors que celle de porc et de bœuf a baissé d’au moins 2 %. Il faut continuer à développer les ventes de volaille.

Plus généralement, quelle est l’ambition de la FIA, sur un marché français où l’importation a pris une place très importante ?
L’ambition de la FIA, c’est la reconquête du marché intérieur. Elle passe par un certain nombre d’évolutions.
Il s’agit de mener une réflexion sur l’ensemble de la filière pour voir où on peut gagner en compétitivité. Il faut éviter d’être dans le rapport de force sur les hausses et les baisses. C’est important pour l’avenir des éleveurs et les investissements. Il faut aussi mieux répartir la valeur ajoutée avec les éleveurs.
Nous réclamons un plan public de soutien à l’investissement industriel et une position bienveillante de l’administration. Nous défendons également un étiquetage de l’origine de la volaille et les restitutions sur le grand export.
En ce qui concerne les importations, on peut se féliciter de ce que celles venant des pays tiers comme le Brésil ou la Thaïlande diminuent. En revanche, celles en provenance du Nord de l’Europe, notamment d’Allemagne, augmentent.

Que dire justement, de la concurrence de l’Allemagne ?
Il y a des distorsions de concurrence entre la France et l’Allemagne sur la TVA, sur l’utilisation de main d’œuvre polonaise et roumaine à bas coût. C’est pour cela que la FIA est pleinement associée au collectif contre le dumping social initié par le Sniv-SNCP.
Nous avons en France une gamme de produits beaucoup plus large qu’en Allemagne. Une gamme large, c’est une chance parce que cela reflète la diversité de la production. La coexistence du poulet, de la dinde, du canard, de la pintade et de différents labels sont une spécificité française. Mais cela implique de réorganiser les abattoirs pour les spécialiser. Par ailleurs, nous demandons une standardisation des cahiers des charges de la GMS, comme c’est le cas en Allemagne.