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Bière/Bataille boursière Heineken reprend la main pour la conquête de Tiger Beer

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Le brasseur néerlandais fait front dans la bataille qui l’oppose à Charoen Sirivadhanabhakd pour le contrôle total des bières Tiger, leader sur le marché asiatique, détenu par Asia Pacific Breweries (APB). Pour ce faire, Heineken qui possède déjà 45% d’APB, souhaite racheter les 40% détenus par son partenaire historique Fraser and Neave. Le conseil d’administration de cette dernière y avait donné un accueil favorable et devait l’entériner par un vote le 28 septembre. Mais ce plan a été contrarié par le milliardaire thaïlandais qui a fait une OPA de 7,2 milliards de dollars (5,5 mds d’euros) pour s’emparer de la totalité de F&N, dont il était déjà devenu progressivement actionnaire, directement ou via des filiales, à plus de 30%, seuil au-delà duquel la loi de Singapour le contraint à lancer une OPA sur la totalité. Du même coup, il s’opposait à l’offre de 6,3 milliards de dollars de Heineken sur les avoirs de F&N et d’autres dans APB.
 
Paix des braves
Dans un communiqué boursier diffusé le 19 septembre en commun avec Heineken, Thai Beverage (ThaiBev) et TCC Assets, deux sociétés contrôlées par Charoen Sirivadhanabhakd ont indiqué qu’elles allaient soutenir l’offre présentée par le hollandais en vue du rachat des 40% que le singapourien Fraser and Neave (F&N) détient dans APB dont il deviendrait propriétaire à 82% mais non unique actionnaire. En effet, en échange de cette bienveillance, Heineken s’engage « irrévocablement » à ne pas se porter acquéreur du solde. Ce compromis dégage la voie à Heineken pour la conquête du marché prometteur de la bière en Asie. La consommation de bière dans neuf pays d’Asie du Sud-Est a bondi de plus de 6% en 2011 à 6,84 milliards de litres, avec en tête de cette croissance le Vietnam, la Thaïlande et les Philippines, selon des données recueillies par Euromonitor. De son côté, comme nous le laissions entendre (voir AgraAlimentation n°2211 du 13 septembre), ThaiBev mettra la main sur les actifs immobiliers et les boissons non alcoolisées de F&N et aura tout loisir de les développer avec la confortable plus-value qu’il retire de cette bataille boursière.