La sécheresse persistante de l’été pèse sur les semis de colza. Les surfaces 2027 sont incertaines. KWS mise sur une progression de 3 à 5 %, Limagrain sur une baisse de 3 à 8 %.
Alors que les intentions de semis de colza étaient en hausse au début de l’été (de l’ordre de 10 %), aujourd’hui, « nous tablons plutôt sur 3 à 5 %, avec une incertitude sur les hectares non encore emblavés », rapporte Arnaud Nogues, chef marché colza chez KWS (premier acteur national du marché colza en 2025, avec 20 % de parts de marché). Selon lui, « le retard sur les chantiers d’implantation est net cette année ». En cause : « Un manque d’eau et des conditions peu propices au travail du sol et à la levée des cultures. Les agriculteurs ont donc dû patienter jusqu’au retour des pluies. Au 7 septembre, nous estimons que 85 % des semis ont été réalisés, contre 98 % en temps normal fin août. »
Les parcelles en bordure maritime et en zone d’élevage sont les plus en retard : certains agriculteurs pourraient, au final, faire le choix de ne pas semer et se tourner vers d’autres cultures pour, notamment, accroître le stock de fourrage, en net déficit. Rappelons que l’enjeu d’un semis précoce est d’atteindre un stade des cultures suffisamment développé autour du 20 septembre, pour résister à l’arrivée éventuelle des ravageurs. Si les altises font généralement parler d’elles, cette année, certaines régions comme la Bourgogne-Franche Comté ou le Centre-Val de Loire signalent une recrudescence de punaises avec à la clé, de possibles resemis en cas de fortes attaques.
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Limagrain plus pessimiste
De son côté, François Jansseune, chef marché colza chez Limagrain Europe, constate aussi que certaines régions accusent un fort retard sur les chantiers. « C’est le cas dans le sud de la région Centre où seulement 50 % des surfaces sont, au 8 septembre, semées. La situation est également critique en Lorraine ». À l’échelle nationale, l’entreprise mise sur un recul de la sole compris entre 3 et 8 % : « J’espère me tromper mais les projections, en interne, font que nous nous préparons à réceptionner de nombreux retours de lots qui n’auront pas pu être semés. » Si en région Centre, les agriculteurs n’ont pas d’autres alternatives que de, finalement, implanter du colza – les terres sont prêtes, le retour de la pluie est annoncé et le cours du colza est plus porteur que d’autres cultures –, « il est sûr que ces semis tardifs partiront avec un handicap », souligne-t-il. Autre région qui inquiète : le Sud-Ouest. « Dans ces zones, les plantes souffrent. Les levées se sont faites dans le sec et les attaques de ravageurs – punaises, tenthrèdes, altises – sont massives. Même les fourmis occasionnent des dégâts ce qui est inhabituel dans le colza. » Seuls les colzas des Hauts-de-France affichent, à date, une belle croissance : « L’eau est arrivée au bon moment et la douceur des températures stimule la pousse. »
« Le retard sur les chantiers d’implantation est net cette année »
(Anne Gilet)