L’international a représenté pour la première fois la majorité des ventes d’InVivo, une dynamique qui contribue à tirer l’activité (+13 %) dans une stratégie de diversification. Tous les métiers sont concernés, par le biais d’implantations, acquisitions, alliances. La stratégie est de créer des « têtes de pont ».
Au cours de l’exercice 2015-16, le chiffre d’affaires du premier groupe coopératif agricole s’est constitué à 51 % hors du marché national, a-t-il indiqué le 13 décembre. InVivo a pour ambition d’« aider l’agriculture française à s’internationaliser », a insisté le président Philippe Mangin, souhaitant « répondre à une demande alimentaire mondiale en train d’exploser ». Présent dans 31 pays, le groupe s’enorgueillit d’employer 71 % de ses 9 200 salariés à l’étranger. De toutes les coopératives, « on doit être le N°1 mondial en nombre de collaborateurs à l’international », a revendiqué le DG Thierry Blandinières.
Le chiffre d’affaires s’est établi à 6,4 Mrd d’euros, en ligne avec l’objectif InVivo 2025 de doubler de taille en dix ans. L’Ebitda a marqué +8 % à 116,2 M d’euros, après versement de 97 M de ristournes (inchangé) aux coopératives adhérentes, et le résultat d’exploitation de l’ensemble consolidé + 11 % à 74 M d’euros.
« Compenser » la moisson catastrophique en France
Pour 2016-17, InVivo formule l’« espoir de compenser » la moisson catastrophique en France « en accélérant la diversification à l’international », a indiqué Thierry Blandinières. Le groupe a ainsi ouvert cet été un bureau de trading à Sao Paulo, « pour ne pas être dépendant que du blé mais aussi être présent en soja et maïs », dans la foulée d’une implantation à Singapour. Avec « -50 % de blé français à exporter dans le meilleur des cas », la stratégie est de se reporter sur les origines allemandes, polonaises, ukrainiennes pour limiter la baisse du chiffre d’affaires à -30 %. InVivo a révisé à la baisse son objectif initial d’Ebitda, de 130 à 118 millions d’euros.
La branche nutrition et santé animale reste « une des plus grosses contributrices à l’Ebitda » du groupe, a souligné le président de Neovia (ex-InVivo NSA) Hubert de Roquefeuil. Deux nouveaux métiers s’y sont greffés : l’aquaculture et l’alimentation des animaux de compagnie. Concernant le petfood, l’entreprise affiche déjà des positions solides au Brésil et au Mexique. Dans l’aquaculture, Neovia fait figure de leader sur plusieurs marchés clés comme le Brésil, le Mexique et le Vietnam. « Le Brésil est ciblé, avec comme objectif de s’implanter dans les métiers amont », a souligné Thierry Blandinières. C’est le cas pour les phytos. Une implantation est en cours de finalisation dans le pays, a indiqué le directeur d’InVivo Agriculture Laurent Martel, qui souhaite en faire « une tête de pont pour le biocontrôle, les semences, le digital ».
Transformation numérique
Autre « tête de pont », la joint-venture constituée le 13 décembre en Chine. InVivo s’est associé à 50/50 avec un partenaire local, l’industriel HVH, pour commercialiser des phytos dans la région de Shanghai. « On espère homologuer nos premiers produits à l’horizon 2018 », a précisé Laurent Martel, qui vise un chiffre d’affaires de 30 à 40 M d’euros d’ici à cinq ans. La coentreprise doit servir de « tête de pont pour d’autres activités », comme le biocontrôle, l’agriculture de précision, a-t-il indiqué.
Pour améliorer les performances du groupe, Thierry Blandinières a présenté une esquisse d’InVivoTech 2020, son plan pour développer une nouvelle marotte : la transformation numérique. Une étude réalisée en interne a chiffré à deux euros par tonne le manque à gagner pour le groupe « par manque d’efficience » logistique. Afin d’y remédier, InVivo souhaite avoir « une meilleure connaissance des stocks disponibles en France, en termes de volume et de qualité », notamment à l’aide de capteurs dans les silos. Le groupe a également créé deux fonds d’investissement pour entrer au capital de start-up et pouvoir ainsi préempter des technologies développées par celles-ci.
La coopérative « N°1 mondial en nombre de collaborateurs à l’international »