Le groupe familial Jeanjean, qui a annoncé un bénéfice net en hausse de 15,7 % à 2,3 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 150 millions, se dit prêt à ouvrir davantage son capital pour faire face à sa nouvelle stature internationale.
Le groupe Jeanjean « entre dans une phase assez cruciale dans l’année qui vient », a indiqué Antoine Leccia, son directeur général, lors de la présentation des résultats obtenus l’an dernier. L’entreprise, un des dix premiers groupes viticoles français, est prête en effet, selon ses dirigeants, à ouvrir un peu plus son capital pour poursuivre son développement et être un des acteurs majeurs de la concentration du secteur.
« La famille est prête à céder une partie du capital », a reconnu son président, Bernard Jeanjean, dont la famille détient 82 % du groupe créé en 1870 et coté en Bourse depuis 12 ans. Mais, selon le directeur général, « la famille, très déçue du cours de Bourse des dernières années, est prête à faire des efforts, pour redonner confiance à des investisseurs et permettre d’accélérer les acquisitions, mais pas à céder des actions au cours actuel ».
Une autre solution, ou complémentaire, consisterait à céder à un investisseur les 3 % d’actions que le groupe détient en auto-contrôle, seuls 15% du capital étant dans le public.
Basé dans l’Hérault, Jeanjean est passé en quelques années d’un statut régional à un groupe à vocation internationale (il a réalisé à l’exportation 37,4% de ses ventes en 2006). Il entend renforcer sa place de « leader des vins de qualité du sud de la France » en procédant à de nouvelles acquisitions, notamment dans le Bordelais « où les opportunités seront plus faciles à saisir », selon M. Leccia.
Accords de gestion en Bordelais
Jeanjean a publié un résultat net de 2,3 millions d’euros pour l’exercice écoulé, en hausse de 15,7% par rapport à 2005, pour un chiffre d’affaires en augmentation de 4,5% à 150,6 millions. Le résultat opérationnel ressort en hausse de 16,2% à 5,4 millions d’euros, soit 3,6% du chiffre d’affaires.
L’entreprise a d’autre part annoncé avoir conclu un accord avec les vignobles Adams, qui viennent de lui confier la gestion globale de l’activité de leurs quatre vignobles bordelais : Château Fonplegade (St Emilion grand cru classé), Château Candale (St Emilion grand Cru), Château Lagarosse (Premières Côtes de Bordeaux) et Château Bel Air (Lalande de Pomerol).
Jeanjean avait acheté en novembre dernier les sociétés de Antoine Moueix Lebègue, un groupe familial basé à Saint-Emilion.
Jeanjean, qui entend poursuivre ses acquisitions « ciblées et immédiatement rentables », prévoit de « réaliser d’ici 3 ans un chiffre d’affaires de 180 millions et au moins 4% de marge opérationnelle, hors nouvelles acquisitions ».