Il serait dommage d’opposer ces deux métiers de journaliste et d’agriculteur, car ils subissent une acrimonie d'une même violence, et peinent à en sortir pour des raisons parfois comparables et liées entre elles. D'abord, ces corps de métier ont, tous les deux, vu reculer l’argent que consacraient les ménages à leurs activités respectives durant les années 2000-2010 – depuis plus longtemps dans l'alimentaire et la courbe se redresse légèrement depuis 2007. Dans ce contexte globalement tendu, les deux métiers ont du mal à digérer les bouleversements qu'ils traversent ; qu’il s'agisse, en agriculture, du bien-être animal ou de la baisse des phytos ; qu’il s’agisse, dans le journalisme, de la multiplication des supports, de l’accélération de l'information. Ainsi, les journalistes - surtout les plus jeunes - manquent souvent de temps pour comprendre le métiers d'agriculture ; en face, les jeunes agriculteurs dépensent moins d'argent que leurs ainés pour s'informer. Alors que faire pour se remettre dans une dynamique vertueuse ? Faut-il réguler moins ou davantage, ouvrir ou protéger les frontières, faut-il stimuler l'offre ou la demande ? C’est à ces questions qu’il faudra répondre – et les pouvoirs publics ont un rôle fort à jouer dans les deux cas –, et c’est en prenant des mesures fortes que l’on dépassera les simples appels à la vertu, qui usent tant le moral des journalistes et des agriculteurs, ou les illusoires boucliers « anti-bashing ».
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