Toujours du nouveau à l’Ouest. Le démembrement d’Unicopa et sa perte de contrôle sur les activités industrielles sont consommés avec la reprise de la charcuterie de Brocéliande par Cooperl. Et sa présence aux côtés d’Albert Frère dans Entremont ne va sans doute pas durer vu les changements de tour de table envisagés pour le n°1 de l’emmental en graves difficultés. En attendant, on fait du provisoire, sous la pression évidente du nouveau ministre : Bruno Le Maire, qui n’a pas à cette occasion vraiment pris sa casquette de « ministre de l’Alimentation », a arraché un coup de pouce sur la paye des producteurs de lait qui livrent l’entreprise et s’est fait fort d’accélérer la recherche d’une solution structurelle « pour la fin août ». C’est la course contre la montre : à côté ou à défaut d’une reprise par Lactalis ou Sodiaal (qui pèserait sûrement sur le prix du lait pour ceux qui les livrent), faut-il croire à la création d’un GIE inter-entreprises pour gérer les excédents ? On ne sait s’il est viable de gérer localement ou même au plan national le marché des produits industriels ; l’idée, évoquée à la table-ronde du 15 juillet au ministère, ressemble à une « mutualisation des pertes », estiment bien des industriels. Et ne garantit guère à terme un meilleur prix au producteur. Les régulations privées sont, certes, la nouvelle mode, et pas seulement à la Commission européenne !, on le verra à la rentrée lorsque l’interprofession planchera sur la contractualisation et le double prix. Il n’empêche, et bien que Bruxelles exclue de faire plus face à la crise laitière, notamment sur les quotas, la filière française est invitée à réfléchir d’ici au 1er octobre à une « vraie » régulation des marchés au niveau européen. Comprenne qui pourra…