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OMS/Politiques de santé La prévalence de l’obésité a triplé en 20 ans

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Ministres ou hauts fonctionnaires de la Santé des 53 pays de la région « Europe » de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) devaient se réunir cette semaine (du 15 au 17 novembre) à Istanbul pour discuter de la progression du nombre d’obèses, perçue comme un des plus importants défis sanitaires contemporains. Selon l’OMS, les représentants des pays d’Europe (Turquie et Russie comprise) du Caucase, d’Asie centrale et Israël devraient signer une « Charte européenne sur la lutte contre l’obésité », établissant les lignes de conduite à suivre pour combattre la maladie.

Cette rencontre est la première du genre dans la zone, où la moitié des adultes et un cinquième des enfants souffrent de surcharge pondérale, un tiers d’entre eux étant déjà obèses, selon les statistiques de l’OMS.

« L’obésité en Europe a atteint des proportions épidémiques », a estimé l’OMS en octobre, «sa prévalence a triplé au cours des deux dernières décennies».

Si aucune action n’est entreprise, avertit l’Organisation, la région comptera d’ici à 2010 environ 150 millions d’adultes obèses, soit 20 % de la population, et 15 millions d’enfants et d’adolescents obèses, soit 10 % de la population.

La Commission européenne, principal partenaire de l’OMS à la réunion d’Istanbul, a prévenu en octobre que le surpoids et l’obésité s’accroissent à un rythme alarmant au sein de l’Union européenne.

Selon elle, « jusqu’à 27 % des hommes et 38 % des femmes (sont) maintenant considérés comme obèses, selon l’Etat membre de l’UE concerné », a-t-elle affirmé. « Il a déjà été prouvé que cela conduit à l’augmentation du nombre de cas de diabète et de maladies cardio-vasculaires», a déclaré le commissaire européen à la Santé et à la Protection des consommateurs, Markos Kyprianou.

L’OMS a pris note des actions menées récemment par les pays européens pour contrer la maladie, mais affirme qu’aucun d’entre eux n’y est parvenu efficacement. Les enfants étant particulièrement menacés, les écoles sont devenues la cible privilégiée des mesures gouvernementales, qui s’efforcent d’encourager l’activité physique et d’améliorer les menus des cantines. La Hongrie a ainsi établi un programme national pour les cantines scolaires, la Lituanie a introduit des règlements visant à réduire la consommation de boissons sucrées, de bonbons et de chips dans les écoles, tandis que l’Estonie envisage de fournir des repas gratuits aux écoliers.

D’autres gouvernements ont restreint les publicités pour boissons et nourritures visant les enfants.

Les experts estiment que l’obésité est plus fréquente dans les couches les moins éduquées et à plus faibles revenus de la population, qui tendent à manger plus de viande, de graisse et de sucre que de légumes et de fruits, et ont un mode de vie plus sédentaire.

L’obésité a un coût pour les différents pays puisqu’elle consomme entre 2 et 8% des budgets nationaux de santé, selon l’OMS. A Istanbul, l’OMS va également annoncer les vainqueurs d’un Prix de la lutte contre l’obésité, sanctionnant les opérations à but non lucratif ayant contribué à faire connaître le problème et à promouvoir des régimes sains.