Abonné

Volaille/Résultats La rentabilité de Doux s’améliore

- - 5 min

Doux a réalisé un chiffre d’affaires en repli de 16 % en 2009, à 1,309 milliard d’euros, mais a amélioré sa rentabilité. L’Ebitda a atteint 7,6 % du chiffre d’affaires, contre 5,6 % en 2008. Le résultat net repasse dans le vert, à 12 millions d’euros, après plusieurs années de pertes. L’année 2009 a été marquée par un premier trimestre difficile du fait du déstockage, par le développement du grand export et au Brésil.

Après trois années de perte nette, Doux est repassé dans le vert en 2009, malgré un recul de 16 % de son chiffre d’affaires, de 1,558 milliard d’euros à 1,309 milliard d’euros. L’activité a reculé en raison de plusieurs facteurs : un effet baisse des prix moyens à l’export (104 millions d’euros), une réduction volontaire de l’offre sur le 1er semestre pour limiter la dégradation des marges liée à cette baisse des prix (80 millions d’euros) et un effet de périmètre avec la cession de l’Espagne (65 millions d’euros). Entre octobre 2008 et janvier 2009, les prix à l’export se sont effondrés de – 48 % selon le groupe. « La réaction opérationnelle du groupe face à la dégradation des prix liée à un effet de déstockage massif a été très rapide. Nous avons réduit notre offre en volume pour éviter les mises en place coûteuses, réduit notre besoin en fond de roulement. Nous nous sommes concentrés sur les marchés à marge positive et nous avons poursuivi les efforts de gains de productivité », précise Guy Odri, directeur général délégué.

La réorganisation industrielle porte ses fruits
Dans le même temps, le groupe a amélioré sa rentabilité. Son Ebitda, multiplié par deux en deux ans, est passé de 91,76 millions d’euros en 2008 à 104,26 millions d’euros (+13,6 % en 2009). Le résultat opérationnel courant, à 32,85 millions d’euros, a été presque multiplié par trois sur la même période. Des résultats rendus possibles par la poursuite de la réorganisation industrielle, avec par exemple la fermeture des sites de Locminé (56) et du Châtelet (18) fin 2008. Les frais fixes ont notamment diminué de 10 % en France. Au Brésil, la productivité a augmenté de 11 % (les sites de production sont utilisés à 90 % de leur capacité) et les coûts logistiques ont été réduits de 23 % . « Le marché mondial de la volaille est en croissance de 5 à 6 % par an sur les 10 années à venir. Nous avons fait des choix courageux qui nous ont permis d’être compétitifs. Nous sommes capables de jouer un véritable rôle sur la scène mondiale. Nous avons vécu trois crises majeures : la grippe aviaire, la crise du cours des céréales et la crise financière. Nous en ressortons plus forts », estime Guy Odri, qui croit à une stabilisation durable des cours.

Premiers pas en Chine
Le Grand Export (761 millions d’euros de CA) a profité de la reprise des volumes au deuxième semestre. L’année a été marquée par le développement de nouveaux marchés comme l’Irak, la Jordanie et la Chine, sur laquelle le groupe, premier acteur à profiter de l’ouverture des frontières aux produits avicoles, mise beaucoup. Doux détient désormais 40 % de part de marché en Arabie Saoudite (contre 36 % en 2008) et 18 % du marché en Egypte, marché lancé à partir de 2007. Doux annonce par ailleurs une forte croissance en Russie, premier importateur mondial de viande.

La volaille classique progresse en France
Concernant les marchés intérieurs, la France représente 432 millions d’euros de chiffre d’affaires et le Brésil 116 millions d’euros. La France a profité de la bonne santé du poulet classique (+ 8 % en 2009, source TNS). La gamme Père Dodu - Le Choix du Chef a notamment réalisé une croissance record depuis 2007. A 3 800 tonnes, les volumes ont été multipliés par quatre en deux ans. La marque utilise des souches semi-rustiques et un emballage qui permet d’allonger la durée de vie du produit. Elle a fait l’objet de déclinaisons (Marinés du Chef , les plats préparés Express du Chef et Format Economique notamment). Au Brésil, la marque LeBon, redéfinie à partir de 2008, a enregistré une croissance de 23 % en chiffre d’affaires et 25 % en volume. Deux relais de croissance sont utilisés au Brésil : les produits élaborés et l’extension du périmètre de commercialisation. Les positions étaient jusqu’alors fortes dans le sud du pays et se renforcent rapidement dans le Nordeste, l’une des régions que le groupe souhaite développer.

Perspectives 2010
Pour 2010, Doux, qui emploie plus de 10 300 personnes (40 % en France, 60 % au Brésil) table sur un chiffre d’affaires d’environ 1,4 milliard d’euros et sur un ratio Ebitda / CA de 8,6 %. Confiant dans les perspectives de croissance organique, Guy Odri reste prudent sur les opportunités de croissance externe en France : « Nous souhaitons rester un groupe volailler. Une acquisition n’a d’intérêt que si elle permet de renforcer la présence commerciale. Pour cela il faut une marque, une force de vente et un outil industriel performant, ce qui restreint très vite le champ. »