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Produits festifs/Résultats Labeyrie résiste à la crise et à ses concurrents

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Labeyrie, filiale du groupe coopératif Lur Berri, spécialisée dans la fabrication de foie gras, de saumon, du caviar et des pâtisseries surgelées, termine l’année 2012 sur des ventes en hausse. « Dans un contexte économique morose, l’alimentaire festif a été peu touché et la marque a accentué son leadership sur ce marché », s’est félicité Jacques Trottier, directeur général du groupe, lors d’une conférence de presse. Globalement, le marché français des produits festifs a progressé de 0,7% en volume, « une croissance digne d’une très belle saison » et Labeyrie estime en avoir largement profité, distançant même ses concurrents directs.

L’entreprise landaise a réalisé d’excellentes performances sur la saison 2012, selon son directeur général, résultat d’autant plus méritoire que le contexte économique était morose et que 2011 avait été une saison exceptionnelle. Cette performance a été surtout le fait des deux familles emblématiques de la société, le foie gras et le saumon. Pour le foie gras, le marché français a connu une progression de 4,4% en volume et 7,5% en valeur (source IRI), tandis que Labeyrie gagnait 7,0% en volume et 6,7% en valeur. La relance de la gamme classique a particulièrement payé, avec une croissance de 15%. En termes de parts de marché, le groupe a progressé de 0,6 point, passant à 22,5%. Les marques de distributeurs ont perdu quelques points face aux produits de marque, mais la marque Larnaudie a également accru son leadership sur ses grands concurrents, Montfort, en léger repli, et Delpeyrat, qui reste stable. Concernant ce dernier, Jacques Trottier ironise sur les ventes promotionnelles que celui-ci a faites dans certaines surfaces, offrant un remboursement à 100% sur la moitié des volumes vendus, ne permettant pas de couvrir les coûts mais influançant les parts de marché attribuées par les panelistes. Pour le saumon, l’année a également été faste, le marché progressant de 3,1% en volume mais perdant 0,7% en valeur, tandis que Labeyrie gagnait tant en volume (5,2%) qu’en valeur (2,6%). Les MDD sont restés stables en volume, mais ont légèrement fléchi en valeur. Labeyrie a ainsi gagné 1,2 point de part de marché en valeur pour atteindre 36%. Les marques à l’origine Norvège et bio ont particulièrement bien marché, mais la marque veut également mettre en avant sa gamme au naturel, renommée Njörd, séchée et salée mais non fumée.

L’épicerie à la peine, le caviar en plein boom

Les produits d’épicerie fine sont « un marché qui a souffert », concède Jacques Trottier, sans donner de plus amples informations. Il dit « avoir parié sur la valorisation pour ne pas entrer dans la mécanique de la grande distribution des ventes promotionnelles ». Cela ne va toutefois pas empêcher la société de redéployer de nouveaux meubles et de nouveaux produits dans les supermarchés « pour une théatralisation de l’offre ». 60 à 65 meubles ont déjà été installés et dans les supermarchés et dans une seconde phase en 2013, quelque 150 seront proposés en 2013, dans les hypermarchés de diverses enseignes et 500 mini-boutiques en supermarchés. Jacques Trottier croit plus en cette stratégie de réinvention des catégories de produits que dans l’efficacité d’une politique de dumping. Labeyrie nourrit également de grandes ambitions dans le caviar, marché sur lequel il a fait son entrée il y a trois ans. La marque pèse désormais 29,3% du marché en volume, contre 15,5% en 2010 et 16,3% en 2011, avec des parts en valeurs pour ces mêmes années, respectivement de 27,8%, 15,1% et 13,8%. Avec 2 tonnes vendues en 2012, les ventes ont plus que doublé et la firme conforte sa place de numéro 2 derrière le leader historique Sturgeon. L’objectif est maintenant de rechercher de nouveaux élevages en Uruguay, Bulgarie et Chine. Parmi les autres axes de croissance du groupe, Labeyrie vise également la poursuite du développement des produits de la mer, des gammes plus élaborées dans le canard, et des innovations pour le saumon fumé.