Plus de 300 agriculteurs se sont opposés, sans heurts, à des gendarmes le 23 janvier dans le Lot-et-Garonne, les empêchant de poser des scellés sur des engins de chantier, sur un projet controversé de lac d’irrigation suspendu par décret préfectoral. Ce chantier du lac de Caussade, piloté par la chambre d’agriculture, est aux trois-quarts achevé. Face aux gendarmes, des militants de la CR, majoritaire dans le Lot-et-Garonne, se sont opposés à leur passage, et donc à la pose des scellés, au terme d’une discussion.
« Nous avons privilégié le dialogue » et « évité l’affrontement », a déclaré à l’AFP la préfète Béatrice Lagarde, assurant qu'« il ne s’agit pas d’une reculade de l’État ». Les gendarmes n’ont pu poser les scellés mais ont planté un panneau à l’entrée du chantier où est affiché ce décret. Ils devaient revenir le 24 janvier vérifier que le décret est appliqué, et « si ce n’est pas le cas, nous aviserons des suites à donner à ce dossier, notamment judiciaires », a-t-elle assuré.
Le projet de lac « est légitime » a réaffirmé Patrick Franken, président de la CR 47. Il rappelle que « le projet avait reçu l’aval de la préfecture en juin avant l’annulation du décret pour des raisons qui ne sont pas très claires ». M. Franken revendique aussi « le soutien de la quasi-totalité des élus du département dont les trois députés de la majorité ».
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Pour Anne Roques, juriste de l’association France Nature environnement, le projet est « démesuré », « destructeur pour l’environnement », outre qu'« il n’y a pas assez d’eau dans cette région pour irriguer à profusion ».
Un arrêté préfectoral, en novembre, avait retiré l’autorisation de début des travaux accordé par un arrêté précédent. Ce rebondissement faisait suite à courrier des ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique, évoquant « un risque de recours contentieux […] élevé », et souhaitant que le porteur de projet « consolide son dossier ».
Le projet du lac de Caussade, en suspens depuis des années, a déjà fait l’objet de multiples recours devant la justice administrative et pénale, par les associations FNE et Sepanso opposées au projet, mais aussi de la chambre d’agriculture qui défend le projet.