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L'accélérateur américain Yield lab s'installera bientôt en Europe

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Entretien avec Tomas Pena, directeur Amérique latine de l’accélérateur Yield Lab originaire de Saint-Louis, aux États-Unis.

Quel est l’intérêt de Yield Lab pour l’Amérique latine, et pour l’Argentine en particulier que vous avez choisie pour base de vos opérations ?

Yield Lab veut tisser un réseau mondial d’entreprises Ag-tech. Nous sommes déjà présents aux États-Unis, en Australie, à Singapour, maintenant en Argentine et bientôt en Europe, et avons déjà investi dans 22 entreprises aux activités diverses et dont toutes existent toujours, ce qui n’est pas rien. L’accélérateur a débarqué en Argentine dès 2015 en investissant 100 000 dollars dans la société S4, qui établit des indices de couverture de risque climatique sur la base d’imagerie satellitaire. Ce pays fait partie, comme le Brésil, des trois premiers exportateurs de soja. Au-delà de l’échelle des surfaces cultivées, l’avantage de l’agriculture sud-américaine est que l’on peut y tester et vendre des produits pour les grandes cultures à contre-saison de l’hémisphère nord. Il faut aussi trouver le bon partenaire et affronter la complexité du système fiscal, un vrai défi d’adaptation, surtout au Brésil.

Quelle est votre vision de l’écosystème des start-up agricoles en Argentine ?

Une trentaine de start-up locales ont un gros potentiel, mais ont pris un retard général à cause, d’une part, des politiques néfastes pour le secteur agricole lors de la décennie passée, lorsque les producteurs de grains ont été diabolisés par l’ancien gouvernement. D’autre part, je note une certaine déconnection entre entrepreneurs high-tech et agriculteurs, qui ne comprennent pas toujours bien leurs activités réciproques, même si le changement générationnel au sein des entreprises agricoles favorise l’innovation. Enfin, le gouvernement argentin a lancé, en novembre dernier, un Fonds pour le développement du capital entrepreneurial, lequel implique dix accélérateurs et trois fonds de capital-risque privés. Celui-ci est doté de 36 millions de dollars et fonctionne sur le principe du matching fund, portant donc sur environ 72 millions de dollars.

Quel est votre objectif prioritaire ?

Dès ce premier trimestre, nous sélectionnerons quatre ou cinq start-up sud-américaines en échange d’une participation actionnariale inférieure à 10%. Elles entreront dans un processus d’accélération de neuf mois. Leurs dirigeants participeront à des sessions de travail régulières de deux jours entre Buenos Aires, Sao Paulo et Saint-Louis. Pour l’heure, notre choix n’est pas arrêté.

Propos recueillis par notre correspondant en Amérique latine, Marc-Henry André