Les industriels du lait de consommation n’arrivent pas à enrayer une baisse de la consommation, qu’ils jugent structurelle. Ils demandent un soutien public et des changements réglementaires.
À moins d’un an de l’élection présidentielle, la filière du lait de consommation, représentée par Syndilait, a dévoilé le 6 mai les dix mesures de son plan Ambition 2030. Parmi les attentes, Syndilait souhaite « supprimer la surtransposition réglementaire européenne en particulier sur la question des emballages ». La filière est particulièrement remontée contre la loi Agec prévoyant la suppression des emballages plastiques à usage unique en 2040, jugeant qu’aucune solution sans plastique n’existe pour le lait UHT. Elle souhaite aussi « introduire un dispositif de suramortissement ciblé pour faciliter l’investissement d’un milliard d’euros », qu’elle estime nécessaire pour se moderniser et se décarboner d’ici 2030, comme cela existe déjà dans d’autres filières.
Syndilait souhaite aussi faire reconnaître au niveau français et européen le lait comme un aliment, et non comme une boisson, à l’instar des produits laitiers, afin d’obtenir une meilleure note selon le Nutri-Score, et améliorer ses ventes en conséquence. Il est aussi demandé un soutien dans la restauration hors domicile, où l’affichage de l’origine du lait est inexistant contrairement à la grande consommation, une amélioration de l’éducation à l’alimentation, pour valoriser le lait auprès des jeunes générations, et une valorisation accrue de l’origine France.
Plus de 5 % de baisse en 2025
Cette liste de revendications est diffusée dans un contexte difficile pour les industriels du lait de consommation comme Candia (Sodiaal) dont le directeur général Romain Deurbergue est président de Syndialit, ou LSDH, qui voit son président Emmanuel Vaseneix présider l’Institut professionnel du lait de consommation (IPLC). La consommation de lait liquide en France est en recul de 5,4 % en 2025 par rapport à 2024, à 2,6 milliards de litres, selon les données de Syndilait. Parmi ce volume, les ventes en grandes surfaces ont représenté 2,2 milliards de litres, en recul de 2,6 %, et un chiffre d’affaires en retrait de 1,3 %, traduisant une valorisation accrue du lait.
Le lait biologique est en baisse de 3,4 % en volume en 2025, « mais les premiers chiffres 2026 annoncent cependant une reprise de leur croissance », selon Syndilait. Une éclaircie s’est fait jour en 2025, mais sur des produits ne représentant pas le plus gros des ventes : le lait entier progresse de 3 %, les laits délactosés de 4,9 % et les laits vitaminés de 3,2 %.
Pour expliquer ce recul « structurel » selon Syndilait, l’organisation professionnelle avance le recul du petit-déjeuner, la baisse du nombre d’enfants ou encore le développement des petits foyers.
CB