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Filière porc L’Allemagne conforte son leadership européen

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Sur un marché du porc en crise dans le monde, les restructurations s’accélèrent. L’Allemagne sort grande gagnante de la redistribution des cartes en Europe.

En quelques années, l’Allemagne est devenue le leader incontesté de la production porcine en Europe. Une progression fulgurante puisque « la croissance allemande depuis 2002 est équivalente à la production totale bretonne, soit supérieure à la moitié de la production française », est-il noté dans l’intéressant rapport d’activité du Marché du Porc Breton (MPB), qui tenait son assemblée générale, il y a quelques jours à Plérin (Côtes d’Armor).
Plusieurs facteurs expliquent la croissance continue de la filière porcine allemande. La consommation de viande de porc des 80 millions d’Allemands atteint des sommets. Chacun des Allemands mange près de 55,7 kilos de viande de porc par an pendant que les 60 millions de Français se contentent de 33,7 kilos chacun. L’Allemagne se situe dans une position centrale pour exporter et ses industriels sont de grands groupes d’abattage, qui disposent d’importantes capacités.
Premier abatteur allemand, le groupe Tonnies a transformé l’an passé 13,5 millions de têtes, soit 23,5 % de l’abattage du pays. Numéro 2, Vion a traité 10 millions de porcs (17,8 % de pdm) et le numéro 3, Westfleisch a abattu 6,22 millions de têtes (11,1 % de pdm). Ces trois opérateurs concentrent la moitié de la production allemande et exportent 50 % des viandes. L’Allemagne se situe désormais comme l’exportateur numéro 1 en Europe, devant le Danemark.

Des usines en quête de matière première
Ses capacités industrielles et sa compétitivité (grâce à l’emploi de main-d’œuvre à bas coût) sont telles que la production domestique (46 millions de porcs) ne suffit plus à faire tourner ses usines. En 2009, l’Allemagne a ainsi absorbé plusieurs millions d’animaux vivants venus des Pays-Bas et du Danemark. Ou importé par millions des porcelets en provenance de ces mêmes pays que ses producteurs ont engraissés sur place.
De fait, la concentration de l’industrie porcine en Allemagne entraîne des restructurations importantes. A l’amont, la production se réorganise en Allemagne dans des unités de plus en plus importantes, surtout à l’est du pays où les freins administratifs sont moins contraignants qu’ailleurs. Les pays limitrophes ne sont pas épargnés, avec une tendance forte à la segmentation de la production : des naisseurs d’un côté, des engraisseurs de l’autre, et une production importante de porcelets destinée à l’exportation vers l’Allemagne.
La France, elle, a connu des restructurations importantes dans l’abattage, ces dernières années. Citons juste Cooperl qui a fusionné avec Arca pour former Cooperl Arc Atlantique (6 millions de porcs) ou encore Bigard qui, en rachetant Socopa, a renforcé notamment son secteur de l’abattage de porcs en se situant tout près du volume du groupe coopératif. Par contre en amont de sa filière, les restructurations restent à faire.

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