Patience et longueur de temps… c’est la façon dont on croit résoudre les problèmes de la filière laitière. Ceux-ci ont occupé la une de l’actualité agricole depuis maintenant trois ans. D’abord avec la flambée des cours puis avec leur redescente aussi brutale fin 2008. L’apprentissage de la volatilité ne se fait pas aisément après tant d’années où fonctionnaient les amortisseurs de la régulation communautaire et les accords de prix interprofessionnels nationaux. En leur absence et faute de s’y être préparé, on a accumulé sur le terrain des tensions extrêmes que l’arbitrage ministériel n’a pu calmer que provisoirement mais sans les désamorcer de façon durable. L’anniversaire de l’accord forcé du 3 juin 2009 est maintenant passé, une autre campagne laitière est déjà bien engagée et aucun nouveau système n’a encore été trouvé pour déterminer à quel prix le lait peut être payé aux producteurs. Certes, on s’était bien promis de tenir compte des coûts de production, des écarts entre prix français et prix allemands et des valorisations beurre-poudre mais, malgré un ultimatum lancé par Bruno Le Maire il y a deux mois, rien à ce jour n’est tranché. Avec de tels retards, la France laitière est sûre de rester déconnectée des réalités : les producteurs qui n’ont pas de quoi vivre décrochent et la France ne réalise même pas son quota, les entreprises perdent en compétitivité par rapport à leurs rivales des pays voisins et la balance commerciale ne risque pas de rééditer ses scores passés.
Pareil attentisme cache bien sûr le secret espoir, non démenti, de voir remonter les cours … Après tout Albert Frère n’a pas raisonné autrement pour s’accrocher si longtemps à Entremont, mais on ne peut pas dire qu’il en sorte gagnant.
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