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UE/Agriculture Le candidat commissaire roumain favorable à une nouvelle régulation des marchés

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Le commissaire européen désigné à l’Agriculture, le Roumain Dacian Ciolos a promis de se battre pour la mise en place d’une nouvelle régulation des marchés agricoles et pour le maintien d’un budget important pour le secteur agricole. Une position qui a de quoi froisser le Royaume-Uni et les pays nordiques, convaincus du contraire, mais qui ne peut que réjouir un certain Bruno Le Maire.

Dans des propos aux antipodes de ceux de la très libérale Danoise Mariann Fischer-Boel, le candidat commissaire à l’agriculture Dacian Ciolos (Roumanie) (1) s’est prononcé en faveur de « nouveaux mécanismes » de régulation du secteur agricole qui « assurent une stabilité des revenus des agriculteurs et aussi une certaine stabilité des prix » en respectant le principe « de l’offre et de la demande ». Devant les membres de la commission de l’agriculture du Parlement européen qui le cuisinaient, Dacian Ciolos a expliqué qu’il est prêt aussi à envisager d’étendre à d’autres secteurs les fonds de garantie et d’assurance des revenus pour faire face aux fluctuations des cours ou de développer la contractualisation des relations entre agriculteurs et transformateurs comme certains Etats membres le font dans le domaine du lait. Plus généralement, il s’est dit disposé à mettre en place, sans mettre à mal les règles de concurrence, des « dérogations qui tiennent compte des spécificités du secteur agroalimentaire ».

Pas de retour aux quotas laitiers
Dacian Ciolos a souligné qu’il n’y aura pas de retour aux quotas dans le secteur du lait parce que, dit-il, « si les quotas peuvent être utilisés pour réguler l’offre, ils ne sont pas en mesure de réguler la demande ». Il a toutefois estimé que l’UE a besoin de nouveaux instruments pour répondre aux fluctuations de prix et que la Commission est en train d’analyser la possibilité de fixer un prix minimal pour le lait au niveau national entre les producteurs et l’industrie de la transformation.

Pour un budget de la PAC à la hauteur des enjeux
Face aux Etats membres et à ses collègues de la Commission européenne, Dacian Ciolos promet aussi de ferrailler pour un budget plus important pour la PAC», car, selon lui, « on ne peut pas bâtir une PAC réformée digne de ce nom sans un budget à la hauteur ». En réponse à un eurodéputé danois qui voulait savoir s’il entendait réduire les aides aux agriculteurs qui « nuisent au consommateur », le candidat roumain a indiqué « qu’au contraire les subventions directes jouaient un rôle essentiel pour assurer la stabilité des revenus des agriculteurs, y compris ceux du Danemark ». Pour l’avenir de la PAC, le commissaire désigné à l’agriculture estime qu’il serait nécessaire de « revenir sur les critères d’octroi des aides directes en vue d’ un rééquilibrage », afin, dit-il, « que le système soit plus simple et plus équitable ».

La qualité, un « plus » pour la compétitivité
Le commissaire désigné a également souligné que la bonne qualité des produits alimentaires et des normes alimentaires de l’UE doivent être mieux promues dans les négociations commerciales internationales. Quant à l’actuel cycle de négociations de l’OMC sur la libéralisation du commerce agricole mondial, Ciolos a indiqué que « l’UE a déjà fait assez de concessions » et qu’il revient maintenant à d’autres partenaires de venir avec des propositions nouvelles.

Promotion des productions locales
Rappelant que le tissu agricole de l’UE est formé d’un grand nombre de petites exploitations, Dacian Ciolos, a souligné que le deuxième pilier de la PAC devait tenir compte de cette spécificité tout en cherchant à les aider à se moderniser. Il plaide donc pour le développement des petites exploitations « pour les faire contribuer à la production alimentaire locale et créer des circuits de production locale ». Pour cela elles doivent recevoir un coup de pouce pour mieux valoriser et promouvoir leurs productions locales.

(1) Les commissions parlementaires procèdent à l’évaluation de chacun des commissaires désignés et les résultats des auditions sont transmis au Président du Parlement et examinés par la Conférence des présidents (composée du Président du PE et de tous les présidents des groupes politiques, ainsi que par la Conférence des présidents des commissions). Le PE procèdera à un vote d’approbation de la Commission européenne dans son ensemble le 26 janvier à Bruxelles. La nouvelle Commission pourra alors être formellement nommée par le Conseil européen à la majorité qualifiée.