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Perturbateurs endocriniens/Etude Le coût sanitaire des PE estimé à 340 milliards de $ aux États-Unis

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Une nouvelle étude chiffre le coût sanitaire des perturbateurs endocriniens outre-Atlantique où ils bénéficient d’une réglementation moins contraignante qu'en Europe. Les deux tiers du coût seraient liés aux substances ignifuges contenues dans le mobilier et les emballages.

Le coût sanitaire direct et indirect de l’exposition aux produits contenant des perturbateurs endocriniens (PE) pourrait s’élever à plus de 340 milliards de $ (310 milliards d’euros) par an aux États-Unis, soit nettement plus qu’en Europe, selon un calcul mathématique effectué par une équipe de chercheurs du centre médical Langone à New York, publiée le 18 octobre dans une revue médicale britannique.

Les PE sont présents dans de très nombreux produits : bouteilles en plastique, canettes alimentaires, détergents, jouets, cosmétiques, retardateurs de flammes et pesticides. Ils passent pour jouer un rôle dans plus d’une quinzaine de maladies, incluant les cancers du sein et de la prostate, l’infertilité, les malformations congénitales, l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires, les dysfonctionnements neurocomportementaux ainsi que les problèmes d’apprentissage.

Une précédente étude parvenait au chiffre de 217 milliards de $ (197 milliards d’euros). La différence s’explique, selon les chercheurs, par des réglementations différentes en ce qui concerne notamment les PBDE, des substances ignifuges également appelées "retardateurs de flammes" et utilisées notamment dans les meubles ou les emballages. Beaucoup moins réglementés qu’en Europe, les PBDE seraient à l’origine des deux tiers des coûts sanitaires liés aux perturbateurs endocriniens aux États-Unis, soit environ 200 milliards de $ (181,6 milliards d’euros), selon l’étude publiée dans la revue Lancet Diabetes & Endocrinology. En Europe au contraire, les coûts associés aux PBDE seraient de l’ordre de 100 milliards de $ par an (90,7 milliards d’euros), selon l’étude publiée en 2015.

Les pesticides à l’origine de 7 500 cas de retard intellectuel

Aux États-Unis, l’exposition aux PBDE a, d’après les chercheurs, entraîné la perte de 11 millions de points de quotient intellectuel (QI) et 43 000 cas de retard intellectuel, alors que les pesticides ont abouti à la perte de 1,8 million de points de QI et à 7 500 cas de retard intellectuel. Selon Teresa Attina, l’un des auteurs de l’étude, chaque point de QI perdu correspond à une réduction d’environ 2 % de la productivité, soit une perte de revenus de 20 000 $, "ce qui permet d’estimer le coût économique pour la société".

En mesurant l’impact de l’ensemble des PE, y compris des phtalates et du bisphénol A, les chercheurs sont également parvenus à 245 000 cas de diabète et 240 000 cas d’infertilité masculine, 10 000 décès prématurés dus à des maladies cardiovasculaires, 1 500 cas d’autisme et 4 400 cas de TDAH (trouble du déficit de l’attention) aux États-Unis. La France, en avance sur les décisions européennes, interdit le Bisphénol A pour tout conditionnement, contenant ou ustensile destiné à entrer en contact direct avec des denrées alimentaires depuis le 1er janvier 2015.