L’offre publique d’achat (OPA) du géant laitier Lactalis sur les 12,26 % du capital qu’il ne détient pas encore dans le capital de l’italien Parmalat n’a pas reçu le feu vert des autorités, dans l’attente d’informations supplémentaires demandées par la Consob, le gendarme de la Bourse italienne. Le 27 décembre, Lactalis avait fait part de son intention de lancer une OPA au prix de 2,80 euros par action. Un niveau que certains actionnaires minoritaires jugent sous-évalué. Parmi eux, le fonds Amber Capital, qui détient un peu plus de 3 % de Parmalat et qui estime que "le prix juste ne peut être inférieur à 4 euros". À l’annonce de l’OPA en décembre, ce fonds a "écrit à la Consob, en se plaignant du fait qu’il manquait toute une série d’informations […], en particulier sur le contentieux avec Citigroup et les perspectives en termes de revenus des nouvelles acquisitions, car cela peut avoir un impact important sur la valeur de Parmalat", explique Arturo Albano, le représentant d’Amber Capital interrogé par l’AFP. Un contentieux oppose Parmalat à Citigroup, accusé par le groupe italien de complicité dans les événements qui ont mené à sa banqueroute en 2003. "Selon des médias, Parmalat réclamerait entre 1 et 1,5 milliard d’euros : c’est un chiffre énorme, alors que la capitalisation de Parmalat est de 5,5 milliards", a noté Arturo Albano, soulignant que si un accord intervient après l’OPA, les actionnaires minoritaires seront lésés. De plus, selon lui, le prix proposé "ne tient pas compte du fait que dans les prochaines années, toutes les sociétés que Parmalat a acquises entre 2014 et 2016 au Brésil, en Australie, au Mexique, dépensant ainsi environ un milliard d’euros, commenceront à générer de l’argent".
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Également joint par l’AFP, le porte-parole de Lactalis a évoqué "une suspension momentanée, un décalage qui pourrait aller jusqu’à 15 jours, pour répondre à des questions sur des dossiers juridiques en cours chez Parmalat". Lactalis a pris le contrôle du groupe italien en 2011 via une OPA hostile, mais a connu régulièrement de fortes tensions avec certains actionnaires minoritaires, qui lui reprochent son "opacité" et une partie de la politique engagée.