Les pertes du pôle agroalimentaire d'Euralis se sont réduites en 2014/2015 et le groupe espère atteindre l'équilibre sur cette activité lors du prochain exercice. Au niveau des performances commerciales, les marques stratégiques ont toutes connu une croissance dynamique.
Euralis a confirmé le redressement de ses activités agroalimentaires lors de la présentation de ses résultats 2014/2015 en début de semaine. La perte nette du pôle a été largement réduite, de 9,8 millions d'euros sur l'exercice précédent à 4,7 millions d'euros, et « l'excédent brut d'exploitation est repassé dans le vert », a indiqué Alain Tapie, directeur du pôle agroalimentaire, qui vise le retour à l'équilibre pour le prochain exercice. Le chiffre d'affaires de ces activités a progressé pour la deuxième année consécutive, passant à 502 millions d'euros. Si la croissance totale atteint 1,7 %, Alain Tapie met l'accent sur la progression de 4,1 % des activités stratégiques.
RENFORCER LES ACTIVITÉS STRATÉGIQUESMontfort, Rougié, Jean Stalaven et Qualité Traiteur, qui forment un ensemble rentable, pèsent actuellement 65 % des ventes. Une part appelée à se renforcer ; « en 2020, ces activités pèseront 90 % de notre activité », a annoncé Alain Tapie. La marque Montfort (GMS), dont le chiffre d'affaires (1) a progressé de 3,2 %, a gagné quatre points de part de marché en deux ans (14 % de part de marché valeur), reprenant sa place de numéro deux derrière Labeyrie. « Nous cherchons désormais à développer la catégorie et à créer de la valeur davantage qu'à gagner des parts de marché », a indiqué Alain Tapie. Rougié (restauration) progresse pour sa part de 2,6 %, dont 3,9 % sur un marché français orienté à la baisse. Durant l'exercice, le groupe a recommencé à vendre ses produits en Chine, après un investissement de 12 millions d'euros. « Nous visons un chiffre d'affaires de 25 millions d'euros à cinq ans sur ce marché », a précisé Alain Tapie. Après 50 000 canards sur l'exercice, la production devrait passer à 150 000 voire 200 000 en 2015/2016. Pour la distribution, Euralis, qui vise la restauration gastronomique, s'est allié à Sinodis (filiale de Savencia spécialisée dans la vente de produits premium en Chine).
CHINE ET YFFINIAC : DEUX INVESTISSEMENTS MAJEURSJean Stalaven (bouchers-charcutiers-traiteurs) enregistre une croissance supérieure à 4 % (4,8 %) pour le deuxième année consécutive, sur un marché stable. « Nous avons encore un fort potentiel de croissance organique », estime Alain Tapie, qui n'exclut pas pour autant des opérations de croissance externe. La nouvelle unité de production de jambon et charcuterie fine d'Yffiniac devrait ouvrir début 2016, suite à un investissement de 7 millions d'euros. Enfin, Qualité Traiteur (coupe et frais emballé) a vu son activité bondir de 7,4 %. En 2014/2015, les investissements sur le pôle agroalimentaire se sont montés à 15 millions d'euros. Ils seront moindres l'an prochain, les chantiers chinois et d'Yffiniac étant achevés.
LE GROUPE REPASSE DANS LE VERTAu total, le groupe a dégagé un chiffre d'affaires de 1,25 milliard d'euros, en hausse de 2,7 %. La croissance a été portée par les céréales qui ont progressé de 12 % malgré des prix de marché en recul. L'activité semences a vu ses ventes gagner 2,4 %. Ces bonnes performances, alliées à des mesures de contrôle des coûts et d'optimisation des achats, ont permis de faire bondir l'excédent brut d'exploitation de 31 %, à 52,5 millions d'euros. Et le groupe, qui visait l'équilibre, a finalement dégagé 2 millions d'euros de résultat net. L'endettement est désormais « sous contrôle », a précisé Alain Tapie. Sans en indiquer le montant, ce dernier a expliqué qu'il avait été réduit de plus de 100 millions d'euros sur cinq ans.
(1) Euralis n'a communiqué le chiffre d'affaires d'aucune de ses divisions.