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SÉCURITÉ ALIMENTAIRE/CONSULTATION L'EFSA prépare un avis final sur les dangers avérés de l'acrylamide

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L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) vient de lancer une consultation publique de 3 mois sur son projet d'avis sur l'acrylamide présent dans les aliments et qui, selon ses experts, indique que cette substance chimique constitue un danger pour la santé publique. Un excès d'acrylamide dans les aliments peut provoquer des cancers et affecter le système de reproduction. Les commentaires recueillis auprès des parties prenantes seront utilisés dans la formulation de l'avis scientifique final de l'EFSA sur l'acrylamide, attendu dans le courant de l'année 2015.

SI la chaleur permet d'obtenir le goût, l'odeur et la couleur souhaités pour nos plats préférés, elle peut également entraîner la formation de substances indésirables. L'une d'entre elles est l'acrylamide, un composé chimique qui se forme généralement dans les aliments riches en amidon pendant les processus de cuisson à haute température (+ de 150 degrés C), tels que la friture, la cuisson au four ou le rôtissage. Et les experts du groupe scientifique sur les contaminants de la chaîne alimentaire (groupe Contam) viennent de confirmer leurs précédentes évaluations selon lesquelles des études sur les animaux montrent notamment que l'acrylamide présent dans les aliments augmente le risque de développement de cancers chez les consommateurs de tous les groupes d'âges. Le café, les produits à base de pommes de terre frites, les biscuits, les biscuits salés, les biscottes et autres pains croquants, le pain et certains aliments pour nourrissons sont d'importantes sources alimentaires d'acrylamide. Proportionnellement à leur poids corporel, ce sont les enfants qui constituent le groupe d'âge le plus exposé. Les autorités européennes et nationales recommandent déjà de réduire autant que possible l'acrylamide dans les aliments et formulent des conseils pour l'alimentation et la préparation des aliments à l'intention des consommateurs et des producteurs d'aliments.

CONSULTER LES PARTIES PRENANTES AVANT L'AVIS FINAL

L'EFSA a donc lancé une consultation publique – jusqu'au 15 septembre 2014 – sur son projet d'avis scientifique sur l'acrylamide dans les aliments, élaboré par les experts du groupe scientifique Contam. Les scientifiques et les autres parties intéressées, dont bien sûr l'industrie alimentaire, sont invités à commenter ce projet d'avis dans le cadre d'une consultation en ligne. Avant de finaliser l'avis scientifique, les membres du groupe Contam étudieront ces retours d'informations avec les participants à la consultation publique en ligne, lors d'une réunion publique qui se tiendra dans le courant de l'année 2014. Expliquant certains points clés du projet d'avis sur l'acrylamide, Diane Benford, la présidente du groupe Contam, a précisé que « l'acrylamide consommé par voie orale est absorbé dans le système gastro-intestinal, distribué dans tous les organes et largement métabolisé. Le glycidamide, l'un des principaux métabolites résultant de ce processus, est la cause la plus probable des mutations géniques et des tumeurs observées dans les études animales ». Elle a aussi affirmé que « jusqu'ici, les études chez l'homme relatives à l'exposition professionnelle et alimentaire à l'acrylamide n'ont apporté que des preuves limitées et non concordantes d'une augmentation du risque de développement d'un cancer ». Outre le cancer, le groupe scientifique Contam a également examiné les effets nocifs possibles de l'acrylamide sur le système nerveux, le développement pré-et post-natal ainsi que la reproduction masculine. Sur la base des niveaux actuels d'exposition alimentaire, ces effets n'ont pas été considérés comme préoccupants. Le projet d'avis contient des recommandations préliminaires concernant de futures recherches sur l'acrylamide chez l'homme, ainsi que sur la détection et les méthodes d'évaluation des risques associés à la mutation des cellules germinales. Des recommandations ont aussi été formulées concernant l'amélioration des activités de collecte de données, en particulier pour fournir une indication plus précise des taux d'acrylamide dans les aliments produits et consommés à domicile.

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EVOLUTION DES ÉVALUATIONS

En 2005, le groupe scientifique sur les contaminants de la chaîne alimentaire (groupe Contam) de l'EFSA avait émis une déclaration selon laquelle il appuyait l'évaluation des risques réalisée par le Comité mixte FAO/OMS d'experts en additifs alimentaires (JECFA), qui faisait état d'une inquiétude pour la santé humaine en ce qui concerne le cancer et qui signalait que des effets nocifs potentiels de l'acrylamide sur le système nerveux ne pouvaient être exclus chez certaines personnes soumises à une exposition élevée d'origine alimentaire. Il recommandait que des efforts soient consentis pour réduire l'exposition. En 2010, le JECFA a confirmé sa précédente évaluation. Entre 2009 et 2012, l'EFSA a publié quatre rapports sur les taux d'acrylamide dans les aliments. Dans son rapport de 2011, l'Autorité européenne a également fourni une estimation des apports en acrylamide pour différents groupes d'âges. L'acrylamide a été détecté pour la première fois dans certaines denrées alimentaires en avril 2002 par des chercheurs de l'Université de Stockholm (Suède). Depuis lors cette substance chimique a été identifiée dans plusieurs aliments cuisinés à très haute température.

La date limite de l'adoption finale de l'avis scientifique de l'EFSA sur l'acrylamide est prévue pour juin 2015. Une fois finalisés, les conseils scientifiques formulés par l'EFSA devraient aider les décideurs politiques aux niveaux européen et national à envisager des mesures possibles permettant de réduire davantage l'exposition des consommateurs à cette substance présente dans les aliments. Ceci pourrait inclure, par exemple, des conseils relatifs aux habitudes alimentaires et à la cuisson à domicile, ou encore des contrôles exercés sur la production commerciale d'aliments.