La taxe d’abattage, payée par les abattoirs et transformateurs de bovins pour le Service public de l’équarrissage (SPE), devrait passer de 47 euros/tonne à 58 euros/tonne pour les gros bovins et de 6,50 euros/tonne à 13 euros/tonne pour les jeunes bovins et les veaux, ont indiqué les responsables de la filière bovine. La proposition en a été faite le 5 juillet par le ministère de l’agriculture pour compenser en partie le déficit du SPE estimé à 18 millions d’euros pour 2006. L’État, via une ponction dans le budget de l’Office de l’élevage, mettrait 16 M EUR en plus, portant sa part à 60 M, sur un coût total du SPE de 154 M EUR. Dans la filière porc, la contribution des industriels diminuerait de 40 centimes, à 8,6 euros/tonne et la taxe sur le secteur des volailles ne changerait pas.
Ces propositions du ministère ont provoqué “consternation et colère” chez les industriels alors même que la Cour des comptes vient de stigmatiser “de graves dysfonctionnements” du SPE, la carence des contrôles et le refus de mise à contribution des éleveurs. Pour le Syndicat national de l’industrie des viandes (Sniv), « le ministère veut pourrir le climat de l’interprofession en nous proposant de demander aux éleveurs de bovins de payer à hauteur de 4 millions d’euros» explique Pierre Halliez, le directeur du Sniv. La FNB de son côté, par l’intermédiaire de son président, exclut toute participation des éleveurs au financement du SPE. Pour Jean-Louis Bignon, délégué général d’Interbev, « les bovins paient pour les autres. C’est une situation intenable pour les abatteurs. Cette mesure constitue une incitation aux importations intra-européennes et du Mercosur ».