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Bière / Résultats  Les bons chiffres de SABMiller ne garantissent pas son futur

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Le troisième brasseur mondial accroît ses bénéfices d’un tiers et marque des points aux Etats-Unis, mais sa position dans les deux Amériques reste fragile.

Les brasseries américaines Miller, rachetées par SABMiller en 2002, voient leurs ventes croître pour la première fois en six ans. Cette progression vient soutenir la bonne santé du groupe britannique en Afrique du Sud, son marché historique, ainsi qu’en Europe et en Asie. Résultat : un chiffre d’affaires en hausse de 15 % à 14,5 milliards de dollars selon les chiffres 2004-2005 présentés la semaine dernière. L’excédent brut d’exploitation se monte à 2,4 milliards de dollars, en hausse de 27 %, et le bénéfice imposable hors éléments exceptionnels et amortissements de survaleurs atteint 2,2 milliards (+31 %).

Malgré ces excellents résultats, SABMiller, troisième brasseur mondial, ne parvient pas à rassurer sur son avenir face au géant américain Anheuser-Busch. Graham Mackay, directeur général du groupe, a avoué qu’une guerre des prix menée par la Budweiser d’Anheuser-Busch lui demandait de lourds efforts aux Etats-Unis. Le succès grandissant des vins et des cocktails auprès des consommateurs nord-américains renforce l’impression de guerre de tranchées à laquelle se livrent les deux brasseurs. De plus, malgré les efforts de restructuration déjà réalisés et l’excellent accueil réservé au lancement de bières basses calories telles que « Miller Lite », SABMiller reste insatisfait pour ce qui concerne sa marque « Miller Genuine Draft » et doit renforcer son effort publicitaire sur « Milwaukee’s Best » et « Miller High Life ».

Croissance externe

Très attendu sur un éventuel rachat du colombien Bavaria, Graham Mackay n’a donné aucune information sur ses intentions à ce sujet. Outre la Chine et l’Europe de l’Est, où SABMiller se porte bien, l’Amérique latine fait figure de passage obligé pour une croissance externe réussie depuis que la fusion d’Interbrew et du brésilien AmBev a donné naissance à InBev en 2004. Ce silence a quelque peu déçu les analystes, qui espéraient une annonce à l’occasion de la présentation des résultats. L’action SABMiller a ainsi perdu 1 % à la bourse de Londres dans les heures qui ont suivi.

D’un point de vue purement financier, le groupe souffre d’une incertitude sur le futur de 34 % de son capital. Altria, l’ancien propriétaire de Miller, détient en effet un tiers de SABMiller et doit le conserver jusqu’au 30 juin prochain. L’inconnue que constitue l’avenir de ces titres ne doit cependant pas détourner l’attention des solides fondamentaux industriels du groupe, qui a accru sa production de bière de 4 % au cours du dernier exercice.