SVA prévoit un retour à l'équilibre dès 2015 pour Gad, repris le 16 octobre et rebaptisé Josselin Porcs Abattages. Une prévision qui repose sur un prix fixe du porc à 1,84 euro le kilo. Les administrateurs judiciaires, dont Agra Alimentation a pu consulter le rapport, ont toutefois émis un avis favorable sur le projet d'Intermarché, estimant notamment que l'évolution vers un mode de production intégré est le mieux à même de garantir la pérennité de l'activité.
SVA (abattage et transformation de viandes, pôle industriel des Mousquetaires) prévoit le retour à l'équilibre d'exploitation pour Gad dès 2015, et une capacité d'autofinancement importante dès 2016, selon le rapport des administrateurs judiciaires rédigé en vue de l'audience du 13 octobre dernier, qu'Agra Alimentation a pu se procurer. En plus des 20 millions d'euros d'investissements annoncés, SVA apporte 6 millions d'euros pour le besoin en fonds de roulement.
6 MILLIONS D'EUROS APPORTÉS AU BFRDans le détail, SVA prévoit un chiffre d'affaires de 269 millions d'euros, 249 millions et 259 millions respectivement en 2015, 2016 et 2017. Une prévision assez incertaine puisqu'elle repose sur l'hypothèse d'un prix du porc au kg stable, à 1,84 euro. Le résultat d'exploitation serait de 179 000 euros, 3,8 millions d'euros et 4,2 millions en 2015, 2016 et 2017. L'augmentation du résultat d'exploitation serait notamment due aux investissements que SVA réaliserait dès 2015 pour un montant global d'environ 20 millions d'euros (18 millions d'euros en 2015, 2 millions en 2016), précise le rapport. Le résultat net s'élèverait à – 300 000 euros, 300 000 et 500 000 euros en 2015, 2016 et 2017.
Les amortissements liés aux investissements permettront, par rapport aux résultats nets prévus, d'obtenir une capacité d'autofinancement importante dès 2016.
Le pôle multi-viandes de Gad, Clavières Viande et le pôle charcuterie-traiteur, Aubret, sont sortis du groupe en décembre 2013. Ils ont été cédés à Sogeico, selon le dispositif prévu par le plan de continuation d'octobre 2013.
SVA a par ailleurs indiqué avoir négocié un contrat d'approvisionnement avec Cecab en dehors du périmètre de reprise. Tous ces éléments permettront, selon les administrateurs judiciaires, « d'évoluer dans un modèle de production intégrée qui, à l'heure actuelle, est celui le plus à même de garantir l'équilibre financier de l'activité reprise ».
SVA À PEINE À L'ÉQUILIBRESVA a réalisé un chiffre d'affaires de 897 millions d'euros en 2013 (1,46 milliard d'euros de chiffre d'affaires avec ses filiales consolidées). Sa perte d'exploitation est de 3,8 millions d'euros en 2013, contre un résultat d'exploitation de 1,5 million d'euros en 2012 et sa perte nette de 1,6 million d'euros, contre un bénéfice net de 6,8 millions d'euros en 2012. Le secteur porcin, qui réalise 280 millions d'euros de chiffre d'affaires, emploie 600 personnes sur les 2 387 salariés de SVA. La production de SVA atteint 148 863 tonnes pour les abattages et les tonnages vendus (co-produits inclus) 246 400 tonnes (approvisionnements : 268 805 tonnes).
En 2013, le chiffre d'affaires de Gad a atteint 394,8 millions d'euros (pour 2 millions de porcs), en forte baisse par rapport aux années précédentes (454,6 millions en 2012 et 459,2 millions en 2011). La perte brute d'exploitation s'est fortement dégradée, à 33,4 millions d'euros, contre 17 millions d'euros en 2012 et 13,7 millions d'euros en 2011. La perte nette, plombée notamment par le plan social, a chuté à 56,9 millions d'euros, contre 20,5 millions d'euros en 2012 et 15,5 millions d'euros en 2011. Et la rentabilité d'exploitation n'a pas été rétablie depuis début 2014.
HÉMORRAGIE DES FORCES COMMERCIALESLe rapport des administrateurs judiciaires liste l'ensemble des éléments qui ont précipité les difficultés de Gad. Les mouvements sociaux liés à la fermeture de Lampaul ont perturbé l'activité de Josselin, avec une incidence sur les volumes de production et la destruction de produits finis d'une valeur de 2 millions d'euros dont la DLUO était dépassée. La crise sociale a impliqué le recours à de nombreux managers de transition, entraînant un surcoût non prévu. 70 salariés n'ont pu être licenciés que très récemment. La crise sociale a aussi entraîné le départ de 100 % des commerciaux B2B, 60 % des commerciaux GMS et 100 % des télévendeuses, qui ont quitté volontairement l'entreprise. La perte de clients et la méfiance des prospects a entraîné une perte de chiffre d'affaires de 30 %, tant en GMS qu'en B2B. L'embargo russe (depuis janvier) et le décalage entre le prix du porc en France et en Allemagne (depuis début avril) ont obligé Gad à absorber une très forte augmentation du porc à l'achat et une diminution des prix de vente.
Saria Industrie (groupe Rethmann) a déposé une offre de reprise pour l'activité de co-produits exploitée dans l'unité de traitement de Lampaul et l'unité de méthanisation située sur le même site mais a finalement abandonné son projet car « aucun contrat de fourniture de sous-produits de découpe n'a pu être conclu avec le seul repreneur pressenti de Josselin. Saria demandait également l'accès la station d'épuration, co-exploité avec Jean Caby, dont l'activité est liée à la poursuite de cette exploitation.
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« Pendant toute cette période, les actionnaires ont exécuté leurs engagements prévus au plan (de continuation, ndlr), financiers ou opérationnels », indique le rapport, mais cela n'a pas suffi compte tenu de l'aggravation de la situation de l'entreprise.
Pour rappel, le plan de continuation de Gad reposait sur la concentration de l'activité d'abattage et de découpe à Josselin, la sécurisation de l'approvisionnement du site à hauteur de 32 000 porcs par semaine (puis 37 000 et enfin 40 000) et la création d'un Ebitda additionnel sur trois ans de 23,5 millions d'euros pour passer de - 16 millions d'euros en 2012 à 7,5 millions d'euros en 2015. Les créanciers publics et privés ainsi que Cecab ont consenti des abandons de créances massifs pour la mise en place de ce plan.