Face à la crise porcine, les groupements indépendants d’éleveurs de porcs commencent à s’organiser. Preuve en est, la naissance et le développement d’I-Nitia, groupement d’intérêt économique. Il permet d’exporter des porcs vivants vers l’Allemagne et ainsi de réguler les cours du marché français.
Les éleveurs de porcs espéraient un cycle haut en 2005 concernant les cours du marché. Mais la chute du 25 avril Voir Agra Presse Hebdo n°3005 du 2 mai 2005, qui a plongé le marché du porc breton au-dessous du seuil symbolique du 1 euro/kg, les a incités, semble-t-il, à se poser des questions et à réfléchir sur leur stratégie.
Des producteurs français désorganisés
« Nous sommes complètement déconnectés du marché européen», explique Jacques Lemaître, responsable de la section porcine de la FRSEA des Pays de la Loire. Selon lui, une différence de 10 à 15 centimes d’euros est observée avec les autres principaux pays de l’UE à 15. « On s’est mis des boulets aux pieds à force de trop de contraintes», clame-t-il. Face à des groupements de producteurs souvent trop divisés, l’ancien président de la fédération nationale porcine appelle au rassemblement : « Il faut créer une plate-forme, regrouper l’offre pour peser plus. Il semble bien que les formidables perspectives de marché des pays de l’Est soient complètement en train de nous échapper, au profit de l’Allemagne», regrette-t-il. Et pourtant, malgré un certain « mal français à l’organisation» qu’il déplore, 11 groupements de producteurs se sont associés récemment autour d’un Groupement d’intérêt économique (GIE), baptisé I-Nitia.
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« Réguler l’offre grâce à l’exportation »
« Nous avons créé I-Nitia au début de 2003 avec trois groupements, représentant 65 % des apports du marché au cadran de Plérin. Mais depuis l’effondrement des cours fin avril, 8 autres groupements nous ont rejoints», explique Jean-Lou Le Gall, le président du GIE. « Nous régulons l’offre régionale, notamment quand le cours du marché de Plérin est déphasé par rapport aux pays étrangers», explique-t-il. I-Nitia, « véritable plate-forme à l’exportation», commercialise des porcs vivants vers l’Allemagne, très intéressée en raison de la forte demande des pays de l’Est. Schématiquement, cela permet donc de limiter l’offre en France et donc de faire remonter les cours locaux. « C’est grâce à nous que les prix ont augmenté sur le marché, depuis fin avril», estime Jean-Lou Le Gall. De son côté, Jacques Lemaître félicite cette initiative d’éleveurs et invite à les coopératives à suivre le même exemple.