Pour 4 Français sur 10 l’alimentation est avant tout une nécessité, plutôt qu’un plaisir ou un moyen de prévenir les problèmes de santé : le lien entre alimentation et santé a devancé la notion de plaisir, a relevé le ministre de l’Agriculture en présentant le 16 octobre à l’occasion de la Semaine du goût le deuxième « baromètre de l’alimentation » réalisé en juillet dernier par le Credoc . Michel Barnier, qui s’en est presque inquiété, a prôné davantage d’explication et d’éducation de la population en faveur d’une « reconquête du goût » et d’un essor de la culture alimentaire française traditionnelle.
Pour la deuxième fois, le ministère de l’Agriculture a commandité une étude d’opinion auprès des Français sur leur perception de l’alimentation entre 2006 et 2007.
Par rapport au précédent baromètre (avril 2006), qu’avait bâti l’institut BVA, le lien entre l’alimentation et la santé est de plus en plus présent dans le discours et devance la notion de plaisir. Sur le plan médiatique, les messages du PNNS sont ceux qui ont été le plus retenus, en particulier ceux qui ont été juxtaposés aux messages publicitaires des industriels.
La demande de prix plus compétitifs est omniprésente en 2007 et s’est accentuée par rapport à 2006 malgré l’amélioration du pouvoir d’achat des ménages. Et les consommateurs, qui ont le sentiment que la qualité des produits a baissé, sont plus sensibles aux critères environnementaux qu’aux labels. Enfin, le risque alimentaire qui inquiète le plus en juillet 2007 est la crainte des pesticides, ce risque a fortement progressé entre les deux enquêtes.
Le goût, l’apparence et le prix d’un aliment sont, aux yeux des Français, les meilleurs indicateurs de la qualité d’un produit : pour évaluer la qualité d’un produit alimentaire, ils prennent avant tout en compte le goût qu’avait le produit lors d’un achat antérieur. L’apparence de l’aliment et le prix ont fortement progressé comme critère de qualité entre 2006 et 2007. Le critère « avantage santé » est celui qui a le plus fortement progressé entre les deux enquêtes, il est passé de 53 % d’individus qui prennent « beaucoup » et « plutôt en compte » cet aspect en 2006 à 77 % en 2007. Le critère qui a le plus diminué est celui de la marque (56 % à 50 %).
L’offre s’est améliorée
Globalement, les Français ont le sentiment que l’offre en matière alimentaire s’est améliorée au cours des 10 dernières années, en matière d’information, de sécurité sanitaire et de choix.
Enfin concernant l’information relative aux risques sanitaires, 96 % des Français ont confiance en l’information véhiculée par les professionnels de la santé et 92 % font confiance aux associations de consommateurs. Parmi les producteurs et les distributeurs, les Français font avant tout confiance aux agriculteurs (confiance accordée par 81 % des Français) et aux petits commerçants (83 %). Les Français se montrent plus sceptiques face aux industriels de l’alimentation (51 % seulement), d’une part, et aux grandes surfaces (58 %) d’autre part. Plus de la moitié déplorent en même temps un excès de technicité (66 % jugent les informations diffusées trop techniques) et un une diffusion d’informations contradictoires.