Abonné

Marché des engrais Les industriels ont livré 9,8Mt d’engrais sur le marché en 2010/2011

- - 5 min

Lors d’une conférence de presse à Paris le 11 octobre, l’Unifa (Union des industries de la fertilisation) a fait le point sur les livraisons d’engrais de la part des industriels aux fournisseurs des agriculteurs en 2010/2011. Globalement, les industriels de la fertilisation observent une hausse des livraisons en raison d’une demande assez forte liée aux prix agricoles. En effet, plus les cours sont hauts en agriculture, plus les agriculteurs souhaitent s’assurer de bons rendements et achètent des engrais dans cette optique. Ainsi, les cours des fertilisants ont tendance à remonter depuis 2010, après s’être fortement repliés suite à la crise économique de 2008. Enfin, les industriels de la fertilisation ont constaté une augmentation de l’importation d’engrais azotés depuis des pays tiers plus compétitifs, du Maghreb, du Moyen Orient ou des pays de l’est.

«La production française d’engrais couvre environ 40% du marché domestique », a indiqué Joël Morlet, président de l’Unifa (Union des industries de la fertilisation), lors d’une conférence de presse à Paris le 11 octobre. Malgré des investissements réalisés dans des capacités industrielles en France, la part de la production nationale sur la consommation totale de fertilisants par les agriculteurs français a tendance à se réduire. Ceci touche davantage les engrais azotés, simples et composés, dont les importations en provenance des pays tiers, principalement du Maghreb, du Moyen Orient ou des pays de l’est, ont augmenté en 2011 à 25% des besoins domestiques. Ce chiffre se situait d’avantage autour des 20% en 2010 et des 15% en 2009. Un prix du gaz naturel, élément principal dans la fabrication des engrais azotés, plutôt bas dans ces régions du monde rend ces dernières compétitives. « Mais sur 2011/2012, l’entrée en pleine production des investissements réalisés en France devrait permettre de mieux fournir le marché domestique », a souligné Joël Morlet.

Hausse des livraisons d’engrais de la part des industriels sur 2010/2011
Avec un chiffre d’affaires (CA) de 2,33Mds€ en 2010, en hausse de 23% par rapport à 2009, l’industrie de la fertilisation a connu une reprise après avoir vu son CA chuter de 51% entre 2008 et 2009. Ainsi, lors de la campagne de commercialisation des engrais 2010/2011 les livraisons en France ont progressé de 18% par rapport à la campagne précédente, à 9,8Mt. La hausse touche plus particulièrement les engrais phosphatés (P2O5) et potassiques (K2 O) progressant respectivement de 29% et 44% lors de la campagne 2010/2011. « Ceci s’explique par la stabilité de ces éléments dans les sols, permettant aux agriculteurs de faire l’impasse certaines années sur l’apport de ces éléments », a expliqué Joël Morlet. Selon lui, lorsque les agriculteurs veulent assurer leurs marges, comme en 2009/2010, ils utilisent les postes P2O5 et K2O comme variables d’ajustement. En revanche, sur 2010/2011 les agriculteurs ont essayé d’optimiser les rendements et ont investi sur tous les éléments fertilisants pour répondre aux prix hauts sur les marchés céréaliers. Ainsi, les livraisons d’azote (N) ont elles aussi progressé mais dans une moindre mesure avec une hausse de 13% pour la campagne 2011/2012.

Un prix de l’azote lié à la demande et au prix du gaz naturel
« Contrairement à une idée reçue, les prix des engrais ne sont pas indexés sur ceux des céréales », a affirmé Joël Morlet. Selon lui, « les prix des engrais ont pour valeur plancher les coûts énergétiques, puis sont soutenus par la demande ». Cependant, une demande haussière en engrais est souvent synonyme de prix hauts sur les marchés céréaliers. Les variations de cours du gaz naturel sont aussi à l’origine de la fluctuation du prix des engrais. « Mais globalement la demande en éléments fertilisants en France est assez stable quels que soient les prix », a souligné Joël Morlet. Selon lui, en moyenne en France, les agriculteurs utilisent 74 kg/ha/an d’engrais, soit un chiffre qui correspond à la moyenne européenne. Sur ce chiffre, les engrais azotés représentent 70% des livraisons de fertilisants minéraux selon l’Unifa. Cependant, l’union des industriels de la fertilisation indique que depuis 1992 et la première réforme de la Pac, les livraisons d’engrais minéraux et organo-minéraux ont fortement baissé. Ainsi, depuis vingt ans les livraisons d’azote ont baissé de 14%, et de respectivement 69 et 65% pour le potassium et le phosphore.

Une différence de compétitivité moins marquée avec la Russie
« Les droits antidumping, appliqués par l’Union européenne sur les ammonitrates russes, pourraient être levés en 2012 », a indiqué Gilles Poidevin, délégué général de l’Unifa. Ces droits, permis par l’Organisation mondiale du commerce, répondent à la politique russe de la double tarification du gaz naturel, avec un tarif intérieur rendant les productions d’engrais russes compétitives et un autre pour l’exportation, pouvant engendrer un rapport de 1 à 4 sur les prix. Ces taxes sont discutées tous les cinq ans depuis vingt-cinq ans, et la prochaine échéance pour les ammonitrates tombe en 2012. « Les droits sur l’urée ont pris fin en 2010, en 2011 c’était le tour de la potasse, il est possible que les droits sur l’ammonitrates prennent fin en 2012 », a expliqué Gilles Poidevin. Les différences de compétitivité s’estompant, les droits pourraient disparaître. D’ailleurs, Gilles Poidevin a souligné que depuis trois ans la part des importations d’engrais en provenance de Russie avait baissé. En revanche, l’Unifa souligne une forte progression des importations d’engrais azotés simples, sous forme d’urée et de solutions azotées, en provenance du bassin méditerranéen.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.