Contrastant avec l’atonie du marché de l’alimentaire, la production de PAI continue son développement, même si la croissance réduit son allure. Elle atteindrait 6,5 % en valeur et 8,5 % en volume, le secteur n’échappant pas à la baisse des prix.
Si sa croissance se ralentit, le marché des produits alimentaires intermédiaires (PAI) reste porteur. Selon les chiffres de l’étude réalisée par Icaal (Information et communication agroalimentaires) et présentée à l’occasion du deuxième salon In-food, sa progression atteint en 2005 les 6,5 % en valeur par rapport à 2004, et contraste toujours avec la morosité du secteur alimentaire. Les PAI – ici hors ingrédients, c’est-à-dire concernant les produits alimentaires consommables en l’état mais destinés à être associés à d’autres matières premières – n’échappent cependant pas au phénomène de déflation qui a cours dans l’Hexagone, puisque les volumes produits ont crû de 8,5%. Cette étude, basée sur les réponses de 132 entreprises de l’agroalimentaire, rappelle que le secteur demeure à l’image de l’agroalimentaire en général : les sociétés bretonnes dominent. Elles représentent 21,2% des entreprises interrogées produisant des PAI.
Les produits salés majoritaires
Parmi ces dernières, un bon quart ont choisi de se spécialiser dans les PAI, en y consacrant de 51 à 100 % de leur production. La transformation de fruits et de légumes est la première activité de ces spécialistes – les PAI sont un développement quasi-naturel dans ce secteur. Les produits laitiers et les produits d’épicerie sont également bien représentés. Les produits salés sont par ailleurs les premiers débouchés des entreprises sondées. Côté process, plus de 60 % de celles qui produisent des PAI disposent d’une ligne de production ou d’un site industriel spécifiques et 76,5 % dédient une partie de leur recherche et développement à cette activité.
Se positionner sur une niche
Autre constat, 21,4 % des entreprises interrogées produisant des PAI appartiennent à des groupes et 10,7% à des groupes coopératifs. Et si 37,3 % des producteurs de PAI comptaient de 100 à 499 employés en 2004, ils ne sont plus que 29,5 % alors que la part des sociétés de 20 à 99 salariés passe de 26,9 % à 31,8 %. Globalement, l’attrait pour les PAI s’accélèrerait, puisque un tiers des acteurs du marché actuel seraient arrivés sur le marché après 2000.
La spécialisation de nombreux grands groupes sur leur cœur de métier participe probablement à l’appel d’air, puisque les entrepreneurs se tournent vers les PAI tout simplement « pour répondre à une demande », indique l’enquête d’ICAAL. Choisir de se positionner sur ce marché est également, selon les témoignages recueillis, un moyen de sortir du « tout-GMS », de recruter de nouveaux clients, plus diversifiés, mais c’est aussi pour les PME une opportunité pour se positionner sur une niche encore peu investie.