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Lutte contre la contrefaçon, contrôle de qualité sur le marché du vrac, accompagnement des exploitations : la filière viticole bordelaise prend le taureau par les cornes pour redorer l’image des vins de Bordeaux dans le monde et soutenir ses viticulteurs en difficulté.
Alors que nombre de viticulteurs des appellations les moins prestigieuses du Bordelais ne dégagent plus de rentabilité, le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB) annonce les premières mesures de son plan de relance économique, près de quatre mois après son lancement.
« La situation extrêmement difficile que traverse notre filière rend plus que jamais nécessaire notre action à son service », a déclaré Georges Haushalter, président du CIVB, lors d’une assemblée générale, le 20 décembre, consacrée au plan « Bordeaux Demain ». Ce plan de 36 mois, présenté à l’automne 2009 à la suite de l’effondrement de la commercialisation des vins de Bordeaux et mis en route depuis septembre, veut « remettre sur pied la filière », selon Roland Feredj, directeur général du CIVB. « C’est une goutte d’eau par rapport au contexte », admet-il, soulignant avoir été « pris entre le moyen-long terme de la crise et le court terme du désarroi des gens ». Parmi les premières mesures mises en place, « un audit, appellation par appellation, voire exploitation par exploitation ». « On vérifie si les exploitations sont dans le modèle gagnant et sinon, on les accompagne pour redevenir rentables », explique Christophe Chateau, directeur de la communication du CIVB.
Chasser la contrefaçon et réguler le marché
Une stratégie de lutte contre la contrefaçon tente aussi de protéger les propriétés bordelaises. « Bordeaux est très en retard pour se protéger soi-même », a déclaré Roland Feredj. Le CIVB a recensé une centaine de cas de contentieux dans le monde, a-t-il dit, citant Château Lafite-Rothschild. Il a encouragé les viticulteurs à faire figurer la mention « Bordeaux » sur les étiquettes sinon « on ne pourra pas défendre les 57 appellations de la même façon ». « Inscrivez-vous sur Smart Bordeaux », a-t-il aussi préconisé, en référence à la seule base de données à l’échelle d’un vignoble entier accessible sur smartphone et internet, que le CIVB vient de lancer. Des bars à vin dédiés au bordelais ouvriront dans les grandes capitales du monde, avec pour objectif de promouvoir la consommation des vins de Bordeaux.
Autre mesure phare : réguler le marché du vrac pour limiter la volatilité des prix. Il s’agit de renforcer les contrôles de qualité chez les vignerons ou les négociants pratiquant des prix anormalement bas pour éviter que cela n’entraîne une déprime des cours. « Tout n’avance pas aussi vite que ce qu’il serait souhaitable », a regretté le président Haushalter, alors que les deux tiers des mesures du plan seront entrées en vigueur mi-2011. En tout cas, a-t-il averti, le redressement des exportations des vins de Bordeaux en octobre 2010 (+10% en volume, +7% en valeur) ne doit pas « faire relâcher nos efforts ».