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Congrès Les producteurs de Légumes de France réclament leur part de compétitivité

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À l’occasion de leur 56e congrès, les 15 et 16 novembre, à Dunkerque, les producteurs de Légumes de France ont interpellé le ministre de l’Agriculture sur le coût du travail en demandant le maintien de l’exonération des cotisations sociales pour les travailleurs occasionnels. Mais Stéphane le Foll a campé sur ses positions et même surenchéri, s’appuyant sur le pacte compétitivité du gouvernement : « L’ensemble du dispositif est désormais beaucoup plus avantageux pour vous que celui qui existait auparavant ».

La présidente des producteurs de Légumes de France, Angélique Delahaye, est venue le 15 novembre, à Dunkerque, avec son vélo d’appartement. Dans son discours d’ouverture du 56e congrès de l’association spécialisée de la FNSEA, en présence de Stéphane Le Foll, elle s’est appuyée sur l’engin pour tenter de dénoncer « l’énergie folle » dépensée par les producteurs de légumes « pour faire du sur-place ». Car, dans ce contexte « anxiogène et difficile », ce sont les maraîchers qui trinquent encore, selon elle. À l’origine : l’article 60 du projet de loi de finances (PLF) pour 2013 sur la réduction de l’exonération des cotisations sociales pour les travailleurs saisonniers dont « nous réclamons la suppression », a-t-elle rappelé une semaine après la manifestation des producteurs de fruits ainsi que de légumes, des horticulteurs et des viticulteurs devant l’Assemblée nationale pour protester contre la mesure. « Nous maintenons évidemment notre position », a déclaré la présidente tout en remettant au ministre les classeurs rassemblant les bulletins de salaires de son entreprise et du groupement d’employeurs auquel elle adhère. « J’emploie une quarantaine de saisonniers. Cette réduction va entraîner pour moi une augmentation de 50 à 250 euros par mois et par salarié ».

Coût du travail : de la position défensive à celle dynamique

Mais, comme la semaine passée, les deux parties ne sont parvenues à s’entendre sur les chiffres, en raison des heures supplémentaires – prises en compte par les producteurs et mises à l’écart par le ministre qui considère que le dispositif ne s’applique que sur les heures dites normales. Pour le reste, « il existe des exonérations sur les heures supplémentaires pour les entreprises de moins de vingt salariés », a reprécisé le ministre de l’Agriculture. Seulement, pour les producteurs de Légumes de France, c’est insuffisant. Quid des entreprises de plus de vingt salariés? « Si les heures supplémentaires sont sorties du dispositif, nous serons amenés à restreindre leur nombre et pour cela, il nous faudra arbitrer entre prix du kilo de légumes payé et coût des heures supplémentaires à effectuer pour les récolter », a souligné Angélique Delahaye, dans un contexte où le gaspillage alimentaire n’a jamais été autant dénoncé. Stéphane Le Foll a proposé une autre vision: d’abord, l’exonération des cotisations sociales sur les travailleurs occasionnels, même réduite, reste un atout pour les employeurs de l’agriculture. En outre, dans le cadre du pacte de compétitivité prévu par le gouvernement, a été mis en œuvre le crédit d’impôt qui s’appliquera aux entreprises agricoles. « Des mesures ont été prises pour permettre à votre activité d’être en position dynamique et pas uniquement défensive. Je pense que l’ensemble du dispositif est aujourd’hui beaucoup plus avantageux pour vous que celui qui existait auparavant », a indiqué le ministre de l’Agriculture. Mais pour Angélique Delahaye qui « comme Saint Thomas ne croit que ce qu’elle voit », la messe est loin d’être dite. Les producteurs de Légumes de France continueront durant ces prochaines semaines leur lobbying auprès des parlementaires en vue de supprimer le fameux article 60 de la PLF pour 2013.

Agir aussi sur la fiscalité et les coûts énergétiques

En matière de compétitivité, le syndicat spécialisé a voulu également rappeler au ministre que le coût du travail n’était pas le seul levier. Il y a aussi celui de la fiscalité. Pour gérer les aléas économiques, climatiques et sanitaires, les entreprises légumières doivent pouvoir épargner et défiscaliser une partie des revenus, a indiqué Angélique Delahaye. Pour ce faire, « il faut rendre opérationnelle la DPA (Dotation pour aléas), en réintroduisant les aléas économiques de façon à permettre une gestion par l’entreprise des successions des bonnes et des mauvaises années et en la rendant indépendante des outils d’assurance récolte ». La diminution des coûts énergétiques est par ailleurs susceptible de « nous redonner de la compétitivité », a-t-elle argumenté et cela peut être traduit par un soutien à la modernisation des serres maraîchères notamment. La convergence sociale, fiscale, environnementale à l’échelle européenne est enfin un levier vivement sollicité par les maraîchers qui ont souhaité en bout de course rappeler à Stéphane Le Foll la particularité de leurs difficultés : les légumes sont périssables, non stockables et à offre et à demande aléatoires, ont-ils insisté, en réaffirmant, aussi, au ministre, leur volonté de relever la tête du guidon pour, avec lui, résoudre cette singulière équation de la compétitivité.

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