De premières coupes d’orge sont rapportées dans les départements traditionnellement les plus précoces de l’Ouest. Les températures élevées constatées ces derniers jours ont accéléré le développement des plantes.
Avec une semaine d’avance, les moissonneuses sont entrées en action dans les parcelles d’orges fourragères de Charente-Maritime, parmi les départements traditionnellement les plus précoces. « Les premiers hectares ont été récoltés le 29 mai, confirme Olivier Melin, directeur de la coopérative de Tonnay Boutonne. Il s’agit de la deuxième année la plus précoce depuis 2011 où la moisson avait également, cette année-là, débuté le 29 mai. Les premiers résultats sont bons, tant en quantité qu’en qualité. Mais, attention, ces parcelles ont été semées tôt, ont été bien conduites et n’ont pas souffert de l’épisode caniculaire du mois de mai. »
Après les quelques passages pluvieux de cette semaine, les chantiers devraient rapidement s’enchaîner : après les orges, place au colza et au blé, « autour du 15-20 juin », prévoit Olivier Melin. Chez Terre Atlantique, Christian Cordonnier, le directeur général, précise que « la récolte des orges n’a, à date, pas vraiment commencé dans notre secteur ». En revanche, dans le sud de la Vendée, quelques parcelles d’orge ont déjà été moissonnées.
De toutes premières coupes rapportées dans le Sud-Ouest
Un courtier anonyme indique que « de toutes petites surfaces d’orges » ont été récoltées dans le Gers, l’Aude et la Haute-Garonne. Des premières coupes de pois fourrager sont également rapportées dans les mêmes zones. Au vu de la faiblesse des surfaces concernées par les moissons, il est encore trop tôt pour se faire une idée globale des rendements.
Les effets de la vague de chaleur questionnent également. Une note d’une antenne d’Arvalis basée dans le Poitou-Charentes du 2 juin explique que « les impacts cumulés des fortes chaleurs et des déficits hydriques actuels sur les poids de mille grains vont être assez limités pour les orges et les blés les plus avancés terminant leur remplissage ». Mais « les conséquences risquent d’être fortes à très fortes pour les blés moins avancés ».
Ainsi, les effets de la vague de chaleur seront fonction du stade de développement des plantes et de la situation hydrique des parcelles, elle-même dépendante de la nature des sols. Stéphane Jézéquel, directeur scientifique d’Arvalis, indique que les plantes se développant dans des sols superficiels risquaient de souffrir davantage, surtout si un déficit hydrique se présentait déjà.
L’institut technique confirme, pour l’instant, l’information d’Olivier Melin, à savoir un début de récolte en blé prévu dès la mi-juin dans le secteur. Bien entendu, cette prévision sera amenée à évoluer en fonction des conditions météorologiques de la première quinzaine de juin : « Elles pourraient être encore plus précoces de quelques jours si la vague de chaleur et l’absence de pluie perdurent. À l’inverse, elles pourraient être sensiblement retardées dans le cas d’un retour à un temps frais et humide ».
Début des récoltes de blé dès mi-juin ?
Anne Gilet et KC