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Oléagineux/Résultats Les résultats de Sofiprotéol soutenus par l’international mais pénalisés par le biodiesel

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L’entreprise financière et industrielle de la filière des huiles et protéines a vu son chiffre d’affaires progresser de 12% en 2012, à 7,3 milliards d'euros, et a préservé ses résultats grâce à la croissance à l'international qui a compensé en partie la baisse structurelle du biodiesel. L'EBITDA estimé a légèrement fléchi, passant de 249 à 240 millions d'euros, dont 170 millions réalisés par le pôle végétal et 70 millions pour le pôle animal. Un bilan satisfaisant, a estimé son président, Xavier Beulin, qui permet au groupe d’aborder avec sérénité son plan de développement stratégique Cap 2018 (voir Agra Alimentation du 24 janvier 2013) qui se traduira notamment par une poursuite active des investissements industriels et un renforcement de la banque de développement du groupe.

Sofiprotéol (actionnaire d’Agra Alimentation) a bien résisté en 2012, en maintenant son résultat avant impôt, taxes, dépréciation et amortissement à 240 millions €, comparé aux 249 millions de 2011, soit un fléchissement de 4%. L'EBITDA a été réalisé pour 170 millions par le pôle végétal et 70 millions pour le pôle animal, a précisé devant la presse Jean Philippe Puig, son directeur général. Le chiffre d'affaires des activités industrielles a augmenté de 12 %, à 7,3 milliards d'euros, grâce, essentiellement, à l'acquisition de Lesieur Cristal au Maroc et au renchérissement des matières premières.

Le diester à la peine

Le pôle végétal a enregistré des résultats contrastés selon ses métiers, voyant globalement sa contribution à l’EBITDA passer de 200 à 170 millions. Saipol, filiale spécialisée dans la trituration, a amélioré ses marges, même si ses volumes ont souffert du manque de graines. Lesieur a tiré profit du succès de ses produits d'origine France, dans un marché de l'huile alimentaire mature, peu propice à la répercussion de la hausse du prix des matières premières auprès des consommateurs. La filiale marocaine Lesieur Cristal, acquise début 2012, a enregistré une progression de ses résultats. La progression des ventes des marques d’origine France Fleur de Colzza et Cœur de Tournesol a été respectivement de 4% et 11%, Lesieur (huiles et condiments) confortant sa place de leader national avec des ventes de 732 millions. Au final, la part des huiles dans la formation du résultat passe de 10% à 24% en un an. En revanche, Oleon et Novance dans l'oléochimie, et surtout Diester Industrie dans le biodiesel, ont fortement souffert de la concurrence accrue des produits à base d'huile de palme. La part dans la formation du résultat est passée de 8% à 26% en 2012. Les volumes globaux dans le biodiesel se sont maintenus grâce à un redressement de la production en France, les résultats ont toutefois pâti de la concurrence des importations d'esters à base d'huile de palme et de soja, provenant d'Indonésie et d'Argentine. Une plainte pour concurrence déloyale a d’ailleurs été déposée les ventes se faisant en dessous du prix de revient.

De bons résultats pour le pôle animal

De son côté, le pôle animal a réalisé des résultats qualifiés « de qualité », grâce à une contribution positive de toutes ses filiales. L’EBITDA a progressé de 49 à 70 millions grâce en particulier au redressement de la branche œufs (195 millions € de CA, +11,5%), après une année 2011 difficile, en particulier avec Mâtines (détenu à 45% avec Cecab). Les ventes de volaille (224 millions €, +2,0%) ont également été favorables, notamment auprès des groupes de restauration rapide comme McDonald ou KFC. Les bénéfices de la branche volaille souffrent cependant des pertes des sites repris au groupe Doux qui nécessitent des investissements importants de remise à niveau. La branche porc avec Abera et autres filiales a aussi bien résisté et réalise un chiffre de 182 millions, en hausse de 7,1%. La branche de nutrition et santé animale (1 044 millions € de CA en hausse de 7,8%) a pu contenir la hausse et la volatilité des prix des céréales et tourteaux. Pour cette branche, les acquisitions vont se poursuivre, y compris à l’étranger, annonce Jean-Philippe Puig. Sogeval, filiale spécialisée dans la pharmacie vétérinaire, a déjà acquis, le 12 février, en Grande Bretagne, Alstoe Ltd Animal Health, un laboratoire commercialisant des produits vétérinaires pour les animaux de compagnie et animaux d'élevage.

Doublement des engagements financiers

Dans son métier financier de banque de développement, Sofiprotéol s'est montré très active, en doublant le montant de ses engagements, avec 75 millions décaissés en 2012, contre 36 millions l'année précédente. Présente de l'amont agricole à l'aval industriel de la filière, la Banque de développement a pris notamment, une participation dans De Sangosse, un acteur important du marché des agrofournitures et dans Pollen, premier producteur européen de colza érucique. Elle a également investi 4 millions d'euros dans le groupe coopératif Advitam. Enfin, la Banque de développement a participé au rachat de la part des minoritaires de Glon Sanders. Tous fonds confondus, la Banque de développement accompagnait, fin 2012, 140 entreprises employant 60 000 collaborateurs.

Poursuite des investissements industriels directs

En 2012, le groupe a réalisé 117 millions d'euros d'investissements industriels, dont 92 millions en France. En 2013, Sofiprotéol les augmentera de près de 40%, à 163 millions, dont 89 millions consacrés aux sites industriels français.Ainsi, le site de Bassens (Gironde), bénéficiera entre 2012 et 2013 de 50 millions d'euros d'investissement, permettant de construire une unité de décorticage de graines, une chaudière de biomasse et de nouvelles unités de conditionnement d'huile alimentaire. À Saint-Brice-en-Coglès, (Ille-et-Vilaine), les investissements se poursuivront en 2013, dans l'abattoir de porcs d'Abera, portant à 10 millions le montant consacré à ce site en 3 ans. Par ailleurs, 5 millions seront investis dans la branche volaille, présente en Bretagne et dans le Centre, soit 95 millions consacrés à cette branche en une décennie. Enfin, 18 millions vont être investis en 2013 dans les sites français de nutrition animale. Une usine de nutrition animnale sera également créée en Algérie. Par ailleurs, 8 millions vont être investis dans l’oléochimie en Malaisie en 2013. « Eu égard au cours du baril, les énergies renouvelables issues du végétal trouvent toute leur place dans notre future stratégie », explique Xavier Beulin. Le plan CAP 2018 visera ainsi, entre autres, à poursuivre les efforts engagés dans l'innovation. Le centre de recherche de Compiègne, qui emploie 30 personnes, « poursuivra sa recherche dans la nutrition, pétrochimie, chimie pure pour aller vers de nouvelles spécialités et nouvelles molécules, en recherchant de la valeur ajoutée et non une course au volume ». Sofiprotéol s’intégrera parfaitement dans le centre de recherche PIVERT axé sur la chimie verte qui sera le premier centre de recherche dédié en Europe, doté d’un budget de 200 millions €. Ce plan stratégique visera « dans sa globalité à permettre au groupe de poursuivre son développement, dans un environnement qui restera marqué par le prix élevé des matières premières agricoles, la maturité des marchés européens, la concurrence des produits à base de palme et un contexte défavorable au développement des biocarburants en Europe », a conclu Jean-Philippe Puig.

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