Quatre sytèmes d'étiquettage nutritionnel simplifiées sont en test jusqu’au début du mois de décembre dans une soixantaine de grandes surfaces. Après les résultats attendus début 2017, le gouvernement devra prendre une décision avant la présidentielle.
Les résultats du test d’étiquetage nutritionnel actuellement mené dans 60 supermarchés français seront connus "fin janvier", a déclaré le 17 octobre Daniel Nairaud, directeur général de du Fonds français pour l’alimentation de la santé (FFAS), en charge de la mise en œuvre cette expérimentation. Démarré le 26 septembre, ce test effectué à la demande du ministère de la Santé compare quatre systèmes différents d’étiquetage nutritionnel simplifié, afin de voir lequel est le plus efficace pour orienter les achats des consommateurs vers des produits plus équilibrés.
Vingt-neuf industriels et trois marques de distributeurs ont accepté de participer à l’opération, ce qui se traduit par 67 % à 86 % des produits étiquetés dans les familles de produits concernées (Agra Alimentation du 22 septembre 2016). Le test durera jusqu’à début décembre. "Il ne faut pas que les gens s’attendent à un résultat dès le 15 décembre", car les données à exploiter sont nombreuses et complexes, a expliqué le dirigeant du Fonds français pour l’alimentation de la santé (FFAS). En septembre, le président du comité scientifique de l’expérimentation, Noël Renaudin, avait déjà laissé entendre que l’objectif de remise d’un rapport final en décembre semblait hors de portée.
À partir de ce rapport, qui classera l’efficacité des quatre systèmes, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) remettra un avis au ministère de la Santé sur la pertinence nutritionnelle des systèmes les mieux classés. Malgré ce délai, le gouvernement devrait prendre une décision avant l’élection présidentielle de mai prochain, assure Daniel Nairaud.
Données traitées par l’École d’économie de Toulouse
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Le 3 novembre sera désigné le comité chargé d’analyser les données recueillies (chiffres de ventes, enquête auprès des consommateurs, rapports sur les conditions de l’expérimentation, etc.), a encore indiqué ce dernier. Il devrait s’appuyer sur des statisticiens spécialisés dans le traitement de données économiques de l’École d’économie de Toulouse, a-t-il ajouté.
Selon Daniel Nairaud, l’expérimentation se déroule de façon "très encourageante", après une phase de rodage lors des premiers jours. Des erreurs d’étiquetage ont été pointées, notamment par OpenFoodFacts, une base de données collaborative d’informations sur les produits alimentaires, mais c’est le mode de calcul de l’association qui est en cause, affirme le directeur général du FFAS.
Ce n’est pas un problème "que tous les produits ne soient pas étiquetés, car ce sera pareil en conditions réelles", puisque le logo finalement choisi restera facultatif, estime Pierre Chandon, professeur de marketing à l’Ensead et membre du comité scientifique. Par ailleurs, alors qu’une pétition sur internet fait état de 237 000 signatures pour soutenir le système à cinq couleurs (Nutriscore), jugé le plus lisible et le plus efficace, le directeur général du FFAS souligne que ce système d'étiquetage a été testé via une enquête en ligne et non en conditions réelles d’achat.