Depuis le début de l’année, une vingtaine de cas d’influenza aviaire hautement pathogène ont été confirmés en Europe de l’Est. Pointant un « risque important » de contamination via les transports, le ministère français de l’Agriculture insiste sur l’importance des mesures de biosécurité.
Faut-il s’attendre à un retour de l’influenza aviaire en France ? Sans tirer la sonnette d’alarme, le ministère de l’Agriculture surveille la situation sanitaire en Europe de l’Est, qu’il qualifie de « préoccupante ». D’après la plateforme ESA (épidémiosurveillance en santé animale), une vingtaine de cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) H5N8 ont été confirmés en Pologne, République tchèque Slovaquie, Hongrie et Roumanie, entre le 31 décembre et le 19 janvier.
Dans une note diffusée aux fédérations professionnelles le 16 janvier, la DGAL (ministère de l’Agriculture) souligne que « de nombreuses espèces et types de production sont touchés » (dindes, poules pondeuses, pintades, oies reproductrices). Distincte de l’épizootie précédente (selon l’ESA), cette souche du virus H5N8 se distingue par sa discrétion. Dans le dernier foyer confirmé en Hongrie, le ministère rapporte que « 10 % des animaux ont présenté des signes respiratoires sans qu’aucune mortalité n’ait été observée. » D’où l’importance de « prendre en considération le plus rapidement possible tout signe clinique évocateur ».
« Normal à cette période de l’année » pour Anvol
Dans sa note du 16 janvier, la Rue de Varenne estime que la probabilité de contamination par la faune sauvage est « limité [e] », mais pointe un « risque important via les mouvements et en particulier les transporteurs en provenance d’Europe de l’Est », quelle que soit leur cargaison. Le ministère mentionne aussi « les transports de volailles vivantes de la France vers la Pologne ». « Il y a quelques volailles reproductrices réformées qui partent vers ces pays », explique Anne Richard, directrice d’Anvol (interprofession volailles de chair). Le risque pointé par la DGAL est que les camions transportent le virus lors de leur trajet retour. D’après Anne Richard, « les opérateurs ont fait le nécessaire pour trouver autant que possible d’autres solutions. »
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Face au risque d’épizootie, le ministère appelle éleveurs et transporteurs à « l’observance la plus stricte des mesures de biosécurité (dont le nettoyage et la désinfection) ». Des précautions « indispensables pour protéger les élevages français du virus », insiste la DGAL.
« Ce sont les précautions habituelles pour une situation normale à cette période de l’année », estime Anne Richard. D’ailleurs, « ce simple rappel des mesures de biosécurité est loin d’être suffisant », dénonce la Coordination rurale dans un communiqué le 16 janvier. Le syndicat demande « d’interdire rapidement les importations de volailles en provenance des pays infectés ». Sans préciser s’il s’agit de volailles vivantes ou de viande, qui n’est pas vecteur de contamination.
Pour la CR, « ce simple rappel des mesures de biosécurité est loin d’être suffisant »