La mesure la plus urgente à prendre pour enrayer la hausse spectaculaire des prix des matières premières agricoles est une réduction drastique des programmes de subvention aux biocarburants, plaide Stefan Tangermann, directeur pour l’agriculture de l’OCDE. « J’appelle urgemment à réduire le soutien aux biocarburants », a-t-il déclaré le 9 juin lors d’une conférence sur l’agriculture à Berlin. « C’est le seul levier sur lequel on puisse agir rapidement », a-t-il ajouté. Pour l’OCDE les prix agricoles, et notamment des céréales, vont rester durablement élevés et le développement des biocarburants pèse pour environ un tiers dans leur hausse.
Cette prise de position est aux antipodes de celle défendue par la Commission européenne, qui a fixé aux pays membres un objectif de 10% de biocarburants dans les transports d’ici 2020. Un objectif qui «est impératif», a encore déclaré récemment Klaus-Dieter Borchardt, vice-chef de cabinet de la commissaire européenne à l’agriculture Mariann Fischer Boel, récusant la tentation de faire des biocarburants « la tête de Turc » de la flambée des prix agricoles. Selon lui, « la première génération de biocarburants est phase de transition nécessaire avant de passer à la deuxième », qui verra la production d’énergie non plus à partir de matières premières agricoles, mais à partir de bois et de déchets par exemple.