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Spiritueux/Résultats Malgré un rude 1er semestre, Pernod Ricard garde le même cap

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Le groupe Pernod Ricard a fait état d’une baisse de son chiffre d’affaires et de son bénéfice pour le premier semestre de son exercice décalé 2009-2010. Il assure toutefois « être absolument en phase avec son plan de marche et pouvoir achever l’exercice sur une croissance interne de 1 % et une progression de 3 % de son résultat opérationnel courant avec un renforcement des investissements sur les marques et marchés stratégiques.

Malgré un chiffre d’affaires en recul de 10% à 3,79 milliards d’euros pour son premier semestre 2009/2010, Pernod Ricard reste optimiste, en soulignant que son repli est plus limité (-3%) à périmètre et taux de change constant et surtout que sa marge opérationnelle (28%) a été quasiment maintenue. « La stratégie de premiumisation n’est pas remise en cause par la crise », affirme ainsi Pierre Pringuet, directeur général. De fait, les 15 marques stratégiques (58% du CA) affichent pour 12 d’entre elles de meilleurs (ou moins pires) résultats en valeur qu’en volume. Les seules à démériter sont Ballantine’s (-13% en CA et –11% en volume), Kalhua (-8% en CA et – 7% en volume) et Perrier Jouët (-16% en CA et –12% en volume). Ces 15 marques, dont les ventes sur le semestre ont globalement baissé de 5 % en volume mais de seulement 3 % en valeur, bénéficieront encore de toutes les attentions avec 23% de leur CA consacré aux investissements publi-promotionnels (versus 17% du CA global groupe). Pierre Pringuet s’est refusé à commenter le programme de cessions qui atteint déjà 800 M EUR sur 1 milliard annoncé, mais il n’a pas caché la mise en sommeil pour quelque temps de la politique de croissance externe.

La sortie de crise via les pays émergents
Sur ce premier semestre, si l’activité de Pernod Ricard est restée dynamique sur les marchés émergents, comme la Chine et l’Inde, la situation a été plus difficile en Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis. Le groupe a également pâti d’un effet de change défavorable du dollar américain et du bolivar vénézuélien.
Au deuxième semestre, le groupe prévoit que le dynamisme des pays émergents (où le groupe réalise un tiers de son chiffre d’affaires et de ses profits) va tirer sa croissance alors que la situation restera difficile en Europe de l’Ouest, hormis en France (10,5 % de ses ventes) qui devrait continuer à « bien résister ». Dans la zone Amériques, où Pernod Ricard n’a eu de cesse de prendre du poids avec le rachat d’Allied Domecq en 2005 et d’Absolut mi-2008, la conjoncture a été très défavorable au premier semestre, provoquant un recul de 22 % du résultat opérationnel courant, mais l’heure est maintenant au renforcement des actions publicitaires pour contrer la tendance.
Au total, le semestre se solde par un résultat opérationnel courant stable à 1062 M EUR et un résultat net en baisse de 2 % à 604 M EUR, qui n’obère pas l’objectif affiché d’une progression de 3 % du résultat opérationnel courant sur l’ensemble de l’exercice.