Au World Forum, Marc Roquette, le patron du groupe éponyme qui a été fondé il y a 75 ans, a fait partager à son auditoire « sa vision des évolutions de la chimie organique du XXIe siècle ». Une simple expérience de pensée ou la vision d’un futur possible de nouveaux champs d’investigation ? « Il s’agit de coupler le nucléaire de fusion avec la culture de microalgues », expliquait-il, rappelant également que les microalgues étaient à l’origine du pétrole et du gaz (voir aussi dans ce numéro- rubrique Entreprises).
Il est probable que l’humanité maîtrisera cette technologie qui nous permettrait d’éclairer artificiellement des microalgues cultivées dans des photobioréacteurs et destinées, suivant les espèces, à produire protéines ou amidon. Une fois les technologies maîtrisées, on pourrait ainsi produire mille fois plus de biomasse à l’hectare qu’en 2000. « Un procédé entièrement industriel, non émetteur de CO2, non mobilisateur de terres agricoles, dont le cycle de production est inférieur à un mois et utilisable par l’homme dans tout l’univers », soulignait Marc Roquette. On sera alors passé de la pétrochimie à la végétochimie, tout en libérant le maximum de terres et permettant ainsi de répondre à l’accroissement de la demande alimentaire.