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Edito Mélange des genres

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Le consommateur français n’aime pas se sentir manipulé. Ou du moins il n’a pas voulu jouer le jeu l’an dernier quand des marques alimentaires et des compagnies d’assurances ont cru bon de s’épauler pour vanter tels ou tels produits à bénéfice santé. Les deux expériences tentées concurremment sur le terrain de la prévention du mauvais cholestérol par Unilever pour Fruit d’or Pro activ et par Danone pour Danacol ont donc été arrêtées discrètement en fin d’année. Les organisations de consommateurs, qui avaient poussé des cris d’orfraie au démarrage de ces campagnes, n’y sont à vrai dire pour rien, mais plutôt une certaine réserve de la clientèle et des assurés sociaux. D’un côté, la MAAF n’a eu à ristouner 40 euros de cotisation qu’à moins de 4000 assurés gros consommateurs de Pro activ et, de l’autre, AGF n’a satisfait que 1200 des 5000 demandes exprimées par des «fans» de Danacol. Sans doute, les deux industriels se félicitent de ventes en progression - et encore, ce n’est pas l’explosion, semble-t-il - et de gains d’image ou de notoriété. Mais sans que le lien avec ces parrainages soit démontré. En tout cas, les succès escomptés devaient être bien supérieurs pour justifier des coûts estimés à ce jour entre 200 et 300 000 euros de part et d’autre. Le mélange des genres entre alimentation et santé aurait donc des limites ?