Le ministère de l’Agriculture a complété ses prévisions pour la récolte française de céréales à paille et protéagineux. Le volume de blé tendre ne devrait pas dépasser les 32 Mt, celle de blé dur reste péniblement au-dessus du million de tonnes. La récolte d’orge de printemps décroche, tout comme celle de pois protéagineux.
Pour sa première estimation de l’année, le ministère de l’Agriculture prévoit, dans sa note de conjoncture Agreste parue le 15 juillet, que la production de blé tendre 2026 s’établira à 31,996 millions de tonnes (Mt), en recul de 4 % sur un an. La baisse est due au recul du rendement, à 69,3 q/ha (soit une baisse de près de 5 q/ha comparé à 2025), « soit une quatrième année depuis 2017 sous les 70 q/ha », souligne le ministère. Ces chiffres corroborent ceux des opérateurs, dont le cabinet d’analyse HSC (StoneX) qui tablait le 10 juillet sur une récolte de 31,8 Mt, et Soufflet Agriculture (InVivo), qui s’attendait début juillet à « 31,5-32 Mt ».
La qualité du blé tendre est plutôt bonne. Lors d’une visioconférence, Clément Gautier, analyste d’HSC, a confirmé « un aspect qualitatif très intéressant ». Si de l’hétérogénéité est bien entendu présente, les taux de protéine sont assez bons, et les PS souvent élevés. Reste à exporter la production ; l’expert de HSC évoque « un possible plafond de verre à 6,5-7 Mt » concernant les exports français vers pays tiers pour la campagne commerciale 2026-2027, en l’absence de la Chine et de l’Algérie aux achats. Rappelons que les relations diplomatiques restent compliquées entre l’Algérie et la France. De son côté, « la Chine a une présence beaucoup plus erratique » en matière d’import de blé français, rappelle Clément Gautier. Bien entendu, ces prévisions sont à prendre avec prudence, la campagne commerciale 2026-2027 ne faisant que débuter.
L’orge de printemps patauge
Après une première prévision il y a un mois, la production d’orge d’hiver est confirmée à 8,8 Mt (+ 6,1 %), et celle d’orge de printemps annoncée à 2,2 Mt, en très forte chute (-36 %). Lors d’une visioconférence tenue le 10 juillet, le cabinet d’analyse HSC (StoneX) a annoncé des ordres de grandeur similaires, avec une récolte d’orge française 2026 à 10,89 Mt. Les orges présentent des taux de protéines élevés, de bons poids spécifiques, et des calibrages très variables, entre 80 et 90 %, selon les analystes. Les bons taux de protéines et les futures faibles récoltes attendues en maïs devraient d’ailleurs inciter les fabricants d’aliments pour animaux à se tourner davantage vers la céréale à paille.
La production de blé dur est attendue à 1,087 Mt, en recul de 16 % sur un an et de 19,8 % comparée à la moyenne quinquennale. Dans la même dynamique, 376 000 tonnes d’avoine devraient être récoltées (-21 % sur un an, -5,7 % par rapport à 2021/25). À l’inverse, la récolte de triticale rebondit à 1,59 Mt (+ 2,1 % sur un an, + 3,1 % par rapport à 2021/2025), tout comme celle de seigle, à 116 000 tonnes (+ 11,4 % sur un an, -21,4 % par rapport à 2021/2025). Au total, la production de céréales à paille atteint 46,27 Mt, en recul de 4,9 % sur un an, et de 2,5 % par rapport à 2021/2025).
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De premières estimations de l’année ont aussi été livrées pour les protéagineux : le ministère de l’Agriculture prévoit que la production de féveroles progresse de 3,3 % sur un an (+ 38 % par rapport à 2021-2025), à 294 000 tonnes, grâce aux surfaces en légère hausse. Quant au pois protéagineux, il décroche avec une production en chute de 20,8 % (-23,9 % par rapport à 2021-2025), à 464 000 tonnes. Il pâtit d’une baisse conjuguée des surfaces et des rendements. Pour rappel, la Stratégie nationale sur les protéines végétales (SNPV), lancée en 2021, vise un doublement des surfaces de légumineuses à graines en France à l’horizon 2030. En 2021, la production de poids protéagineux était de 650 000 tonnes. La filière souffre notamment d’un manque de recherche variétale.
Enfin le cabinet HSC a annoncé une récolte de colza à 4,69 Mt, soit un niveau semblable à celui donné par le ministère de l’Agriculture un mois auparavant. Les rendements se sont améliorés au fur et à mesure que les coupes avançaient au nord du territoire en colza. Les analystes évoquent des teneurs en huile « hétérogènes », qui pourraient être « très correctes », mais peut-être « en deçà de l’an dernier ». L’expert concède néanmoins qu’il est encore trop tôt pour avoir une vision précise à ce stade. Des opportunités d’export de graines de colza françaises devraient survenir vers l’Allemagne, la Pologne ayant moins de disponibilités (récolte moindre par rapport à 2025), tout comme l’Ukraine, qui soutient son industrie intérieure, laissant moins de volumes de graines accessibles à l’export.
KC, MR