Le ministère de l’Agriculture estime, pour le moment, des récoltes 2026 en orge d’hiver et en colza en hausse par rapport à l’an dernier. Les surfaces 2026 de maïs et de pomme de terre ont, en revanche, de nouveau été revues à la baisse.
Dans sa note mensuelle Agreste parue le 16 juin, le ministère de l’Agriculture a livré ses toutes premières projections de récoltes françaises 2026 en orge d’hiver et en colza. La moisson d'orge d'hiver est attendue à 9 Mt, en progression de 8 % par rapport à l’an dernier. Pour le colza, elle atteindrait 4,65 Mt, contre 4,63 Mt en 2025. En revanche, la surface de maïs grains décroche plus qu’attendu. Alors que le ministère tablait le mois dernier sur une baisse annuelle de près de 11 %, elle serait finalement proche de 20 % (19,5 % exactement), et tomberait à 1,248 Mha.
La croissance de la production de colza et d’orge est essentiellement liée à la hausse des surfaces. La sole d'orge grimperait de 12,6 %, à 1,344 Mha, mais les rendements régresseraient légèrement, passant de 70 q/ha à 67,2 q/ha en moyenne. Constat similaire en colza: la progression des surfaces, qui sont passées de 1,265 Mha à 1,417 Mha, serait contrebalancée par un repli sensible des rendements, qui passeraient de 36,6 q/ha à 32,8 q/ha.
La prudence reste de mise, car ces chiffres sont amenés à évoluer dans les prochaines semaines. Le ministère rappelle que les conséquences de la vague de chaleur survenue en mai sur les cultures, qui a avancé leur stade de développement et donc déclenchée des récoltes précoces en orge d’hiver, sont encore difficiles à cerner. Tout en reconnaissant que rien n’était encore joué, le cabinet d’analyse HSC (StoneX) signalait de son côté, début juin, que les toutes premières coupes d’orge donnaient des résultats moins mauvais qu’attendu, alors que de grosses inquiétudes émergeaient. Attention néanmoins : les orges de printemps pourraient avoir souffert davantage, leur système racinaire moins développé les rendant plus sensibles au sec et aux fortes températures, indiquait un autre expert privé.
Hausse annuelle de surfaces mises en jachères de 4 %
La mauvaise surprise en maïs traduit en partie la faible rentabilité de la culture, plombée par la faiblesse des cours et la hausse de ceux des engrais. Pour rappel, l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) tablait il y a quelques semaines sur un recul de 10 % à 15 %. La baisse de la sole pourrait aussi concerner les cultures céréalières d’hiver semées durant l’automne prochain, pour les mêmes raisons, craignent des professionnels du secteur.
La révision à la hausse des assolements de tournesol ne permet pas de compenser l’effritement en maïs, loin de là. Elles grimperaient tout de même de 10,7 % annuellement, à 758 000 ha, se rapprochant ainsi de la prévision livrée quelques semaines auparavant par Terres Univia (interprofession). En soja, la surface a également été corrigée à la hausse, passant de 156 000 ha à 158 000 ha entre mai et juin, correspondant à une progression de 5 % par rapport à 2025.
Pour l’instant, les surfaces de mises en jachères grimperaient entre 2025 et 2026 de 4 % d’après le ministère, alors qu’il s’attendait à une stabilisation le mois antérieur. Sur la moyenne 2021-2025, la hausse serait de 20,6 %. Et des surfaces non comptabilisées en tant que jachères par les autorités, comme le trèfle, pourraient aussi augmenter, rapportent des opérateurs privés.
Les patatiers français ont entendu leurs représentants
Notons par ailleurs une révision à la baisse sensible de la surface 2026 de pomme de terre. Elle tomberait à 166 000 ha, contre 182 000 ha en mai (192 000 ha en 2025). Les patatiers ont, semble-t-il, entendu le message de l’UNPT (pomme de terre, FNSEA), du GIPT (interprofession des pommes de terre industrielle), du CNIPT (interprofession des pommes de terre fraîches) et du NEPG (syndicat nord-ouest européen des patatiers).
Les représentants de la filière ont insisté depuis des mois sur la nécessité de réduire les plantations, dans un contexte de surabondance de l’offre. Ajoutons à cela une demande internationale de pomme de terre transformée (spécialement la frite) challengée par une concurrence qui s’intensifie, participant au décrochage des prix.
Hausse annuelle de la sole de tournesol de 10,7 %
KC