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Négociations commerciales : vers une réouverture au cas par cas

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Malgré la hausse des coûts de production des industriels en lien avec la crise au Moyen-Orient, la réouverture des négociations commerciales devrait se faire au cas par cas.

Alors que les agriculteurs et les transformateurs sont confrontés à une hausse de leurs coûts de production – avec la guerre au Moyen-Orient, le prix du pétrole, du plastique et des engrais est en croissance – la répercussion sur les prix donne lieu à un nouveau bras de fer. Si une réouverture en bonne et due forme des négociations commerciales terminées le 1er mars est clairement écartée, des discussions au cas par cas pourraient avoir lieu. C’est ce qui est ressorti de la réunion tenue le 11 mai par la ministre de l'Agriculture Annie Genevard et le ministre du Commerce Serge Papin pour « faire le point sur les hausses de certaines charges » avec les représentants des agriculteurs, des industriels et des distributeurs.

Les transformateurs veulent « des ajustements sur un certain nombre de produits », comme l’a déclaré Jean-Luc Duval, vice-président de la Coopération agricole, ou encore Jean-François Loiseau, président de l'Aania (industriels agroalimentaires), qui a indiqué : « Il ne s'agit pas de négocier mais de répercuter les hausses subies ». Jérôme Foucault, président de Pact’Alim, juge « urgent que les industriels puissent répercuter leurs hausses de coûts ». Tandis que Léonard Prunier (Feef) insiste à nouveau sur la mise en place du tarif fournisseurs révisable pour les PME et ETI comme solution à la crise actuelle, tandis que la négociation commerciale ne porterait que sur le plan d’affaires. Une cellule de crise a été mise en place au ministère du Commerce pour faire remonter les difficultés que pourraient rencontrer les parties prenantes.

Les distributeurs frileux

Mais les distributeurs ne l’entendent pas de cette oreille. Ils se montrent plutôt prudents par rapport à cette perspective. « Aujourd’hui, nous ne sommes pas dans les conditions qui nécessiteraient une réouverture généralisée des négociations. Quelques demandes ciblées émanent de secteurs très variés, les boissons, du DPH (droguerie, parfumerie, hygiène, NDLR)… mais des demandes éparses, ponctuelles. Et toute remontée est examinée avec discernement dès lors qu’elle est argumentée et chiffrée », précise Judith Jiguet, déléguée générale de la FCD (distributeurs).

Pour défendre sa position, la FCD rappelle que ces demandes « viennent majoritairement de multinationales qui affichent dans le même temps des bénéfices importants » et qu’« augmenter les tarifs ne garantira pas le maintien des volumes : il (le consommateur, NDLR) fera des arbitrages. » Elle récuse par ailleurs le maintien de la date butoir pour les négociations annuelles, une « anomalie » qui « finit in fine par coûter cher, aux distributeurs et aux consommateurs. »

CB

Quelques demandes ciblées dans certains secteurs