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Space Nicolas Sarkozy séduit mais ne promet rien

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En visite au Space le 16 septembre, le ministre de l’Economie Nicolas Sarkozy a su séduire les agriculteurs, auxquels il n’a pourtant fait aucune promesse. Dans ce temple de l’élevage breton, il a surtout évoqué l’accord fruits et légumes, invitant les agriculteurs à ne pas être en conflit permanent avec les distributeurs. Jean-Michel Lemétayer, qui a sollicité le ministre sur le prix de l’énergie et l’assurance récolte, n’a obtenu que la promesse d’un rendez-vous à Bercy

C’est à un véritable show que s’est livré le ministre de l’Economie et des Finances Nicolas Sarkozy, en visite au Space le 16 septembre. Invité par Jean-Michel Lemétayer, le ministre et candidat à la présidence de l’UMP s’est livré au traditionnel bain de foule dans les allées encombrées du parc des expositions de Rennes, où il a été accueilli par les visiteurs avec davantage de curiosité que d’enthousiasme. Les représentants des différentes fédérations en ont profité pour faire part de leurs revendications, à l’image de Jacques Lemaître, président de la Fédération nationale porcine, qui a évoqué le dossier équarrissage. Mais c’est sous le chapiteau, où le groupe accompagnant le ministre s’est rendu après deux heures de visite, que le spectacle a véritablement commencé.

Parlant sans note, tutoyant Jean-Michel Lemétayer, le ministre d’Etat n’a pas été avare de superlatifs pour qualifier l’agriculture française. Aux classiques « l’agriculture est un secteur économique fondamental pour l’avenir de la France » et « l’agriculture ne doit pas être la variable d’ajustement du budget européen», le candidat à la présidence de l’UMP a ajouté sa note personnelle, teintée de libéralisme. On saura donc que « les agriculteurs sont des entrepreneurs », qu’ils « ne sont pas des fonctionnaires qui attendent des subventions» et que « nulle autre profession ne peut se vanter d’avoir fait autant d’efforts d’adaptation ». Et de conclure son éloge du monde agricole par un appel à « davantage de considération » pour la profession. « Lors des crises sanitaires récentes, vous avez été mis en position d’accusés alors que vous êtes des victimes», s’est-il indigné.

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« Je préfère les hypers aux hard discounters »

Invité par Jean-Michel Lemétayer à se prononcer sur l’accord des prix avec la grande distribution, qui « n’est pas appliqué», selon lui, le ministre a invité la profession à s’unir davantage. « Cet été, alors que je négoçiais avec une fédération de producteurs un accord sur les prix minimums, une autre fédération me l’a reproché, craignant que cela ne fasse monter les stocks », a-t-il fait remarquer, avant de s’adresser sans détour au président de la FNSEA : « Tu ne peux pas faire la guerre à la grande distribution alors que tu as besoin d’eux pour mettre tes produits au contact du public ». Nicolas Sarkozy a aussi avoué préférer « les supers et les hypers aux hard discounters qui viennent d’autres pays, ne créent pas d’emplois ni de filières de qualité». Il a enfin critiqué les manifestations sur les parkings de supermarchés, où les producteurs dénoncent devant les caméras les prix trop élevés dans les rayons, « autrement dit invitent les consommateurs à ne pas acheter leurs produits ». Après le départ du ministre, Jean-Michel Lemétayer a reconnu la stérilité du « conflit permanent » avec la distribution. Il a accepté l’invitation du ministre à une nouvelle table ronde rassemblant producteurs, industriels et distributeurs. Mais, a-t-il prévenu, « les manifestations ne peuvent cesser que si les orientations se concrétisent ». La visite s’est achevée par la promesse d’un rendez-vous à Bercy au retour du ministre de Moscou. En attendant, les agriculteurs n’ont obtenu ni annonce, ni promesse, que ce soit sur le prix de l’énergie, l’assurance récolte ou la politique de soutien à l’export.