Pour compenser la chute de ses performances, en particulier en Europe, le groupe Heineken va procéder, après son programme 2005 qui a affecté un millier d’emplois, à une nouvelle cure d’amaigrissement pour réduire ses coûts de 200 M EUR d’ici 2008.
Le brasseur néerlandais Heineken annonce une nouvelle phase de réduction de ses coûts et cherche à compenser l’absence de croissance en Europe et aux Etats-Unis par des investissements ciblés sur de nouveaux marchés.
Au cours de l’exercice 2005, le groupe brassicole a vu son résultat opérationnel chuter de 7,3 % à 1,25 milliard d’euros pour un chiffre d’affaires de 10,8 milliards, dont la progression (+7,3 %) a été soutenue par ses acquisitions. Avec une croissance interne limitée à 2,2 % (-1 % en Europe et -1,2 % aux Etats-Unis), Heineken a dégagé une marge d’exploitation plus faible qu’en 2004 (11,9 % des ventes contre 13,6 %). Son résultat net a certes progressé de 18,5 %, à 761 M EUR, mais en grande partie à cause de l’absence de dépréciation d’actifs comme en 2004 : hors éléments exceptionnels, cette progression se réduit à 4,6 %. D’ailleurs, pour 2006, le groupe ne prévoit pas d’améliorer de plus de 5 % son résultat.
Dès lors, le groupe qui avait déjà en 2005 programmé des économies de 60 MEUR et la disparition d’un millier d’emplois, dont plusieurs centaines en France, a décidé d’abaisser encore ses coûts de 200 M EUR d’ici 2008. Selon le président van Boxmeer, qui n’a pas précisé l’importance des licenciements à prévoir, “ tous les secteurs et toutes nos implantations sont concernés par cet ambitieux programme ”.
Le groupe entend compenser les pertes enregistrées en Chine en investissant plutôt au Cambodge et en Thaïlande. Outre les espoirs qu’il met dans ses récentes acquisitions en Russie, le groupe néerlandais mise sur le lancement d’une bière à faible taux d’alcool qu’il prépare aux Etats-Unis. Une opération qui lui coûtera la coquette somme de 43 M EUR.