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Finance Odontella cherche des fonds pour son développement

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La start-up Odontella, la première société à proposer des produits alimentaires réalisés à partir de micro-algues, lance une campagne de financement participatif pour récolter 600 000 euros. Elle compte mettre sur le marché dès 2018 le premier saumon végétal réalisé à base de micro-algue.

La start-up Odontella vient de lancer une campagne de financement participatif sur la plate-forme WiSEED. Elle compte récolter 600 000 euros afin de poursuivre son développement. Le but de cette levée de fonds vise à structurer l’équipe marketing et commerciale pour la vente d’une première gamme de produit en début d’année prochaine. Cofondée en 2016 par Pierre Calleja, pionnier depuis plus de 35 ans dans l’univers de l’aquaculture marine et fondateur de Fermentalg ; Alain Guillou, docteur en nutrition et entrepreneur et le professeur Claude Gudin, éminence mondiale dans le domaine des micro-algues, Odontella travaille sur la mise au point de produits alimentaires à base d’Odontella aurita, la toute première micro-algue marine au monde autorisée à la consommation humaine. Comme le rappelle Pierre Calleja, "la spiruline, qui n’est pas une algue mais une bactérie photosynthétique et la chlorelle (micro-algue verte) sont essentiellement utilisée comme compléments alimentaires".

"Notre objectif est d’amener des micro-algues dans l’assiette des consommateurs en créant des produits alimentaires à partir de l’odontella. Une micro-algue auparavant présente dans le poisson que consommaient nos ancêtres, qui s’est progressivement perdue dans nos aliments du fait de l’industrialisation. Le premier saumon végétal marin, dont la société a déposé le brevet, devrait être commercialisé début 2018 si tout se passe bien dans notre feuille de route", prévient Pierre Calleja.

Ce produit "pourra se substituer à la consommation de saumon sauvage en termes de goût, d’aspect, de texture, mais également de qualité nutritionnelle grâce à sa forte teneur en Oméga-3, protéines marines végétales et nombreux composés marins bénéfiques à la santé", explique la société, tout en limitant la pisciculture et l’impact environnemental. D’autres nouveautés devraient suivre, tel que du thon végétal, des boissons, des yaourts ou des plats cuisinés. Et Pierre Calleja promet un "nouveau concept pas encore breveté" qui devrait être annoncé à l’automne. Ces gammes alimentaires seront vendues dans un premier temps dans des magasins spécialisés.

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Des bénéfices attendus dès 2019

Bien placé après l’expérience de Fermentalg pour savoir quel gouffre financier peut représenter une biotech, Pierre Calleja a cette fois changé de modèle économique. "Après un besoin d’environ 1,5 million d’euros pour se lancer, Odontella devrait s’autofinancer dès 2019. Nous travaillons sur la formulation, les brevets et la commercialisation. La production sera sous-traitée à l’extérieur", explique en effet le cofondateur. Le business plan d’Odontella prévoit en 2019, un excédent brut d’exploitation de 36 000 euros (contre -627 000 euros en 2017) pour 2,9 millions de chiffre d’affaires (contre 245 000 euros), avec un effectif doublé par rapport à l’effectif actuel de 15 personnes. Sur la partie R&D, Odontella travaille en partenariat avec le Centre de Ressources Technologiques AGIR, implanté en Gironde.

Initialement fixée au 20 août, l’opération de financement sur WiSEED, a été prolongée jusqu’à fin septembre. À l’issue de cette période de souscription, le capital, actuellement "entre les mains des trois fondateurs et d’un financier indépendant, sera ouvert à hauteur de 10 à 15 %", a précisé Pierre Calleja. Ce dernier tient à garder le contrôle "pour pouvoir travailler à 2000 %, faire nos choix et assumer nos responsabilités". Parole d’entrepreneur.