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Origin Green, un lancement en grande pompe

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Bord Bia a invité une vingtaine de journalistes étrangers pour leur présenter le projet Origin Green. Le ministre de l’Agriculture irlandais, Simon Coveney, a même fait le déplacement. Extraits.

Sur le programme Origin Green
« L’efficacité dans la production alimentaire peut nous rendre compétitifs dans d’autres parties du monde où la demande est croissante. »
« Nous pensons, en Irlande, que le plus grand défi global est de nourrir une population croissante dans une contexte de changement climatique et de raréfaction des ressources. » « Nous ne voulons plus seulement vendre des aliments grâce à l’image verte et propre, avec nos fermes familiales, que les gens ont de l’Irlande. Nous devons fournir des données pour montrer que nous produisons une alimentation très qualitative de manière durable. »
« Cette nouvelle façon de penser l’industrie agroalimentaire et l’agriculture irlandaises sera au cœur de l’expansion de ces secteurs. Elle est étrangère à celle de beaucoup de pays européens, qui voient l’alimentaire comme un marché stagnant dans lequel on produit pour nourrir sa population. En Irlande, la situation est très différente. Nous exportons 85 % de ce que nous produisons et notre production laitière couvre les besoins de dix fois notre population. »
 
Sur l’Europe et la réforme de la Pac
« L’enjeu de la Pac, dont les négociations devraient aboutir sous la présidence irlandaise, pendant les six premiers mois de 2013, c’est d’organiser une intensification durable de la production alimentaire. Il faut produire plus tout en préservant la biodiversité et l’environnement en tenant compte des émissions de gaz à effet de serre et de la gestion de l’eau. »
« Si vous demandez à un économiste, il vous dira qu’il faut produire les aliments dans les régions les mieux placées pour tel ou tel type de production. Mais l’agriculture n’est pas une industrie comme les autres. Il faut exploiter le potentiel commercial, mais aussi garder les agriculteurs sur leurs terres. La discussion entre la production et l’aménagement du territoire est complexe. Je ne pense pas que la spécialisation soit la manière la plus saine de développer l’agriculture. Je suis très protecteur pour la structure familiale des fermes. Au Royaume-Uni, les fermes sont beaucoup plus grandes, souvent exploitées par des entreprises agroalimentaires. Dans certains pays, on trouve des très grandes plantations. Ce n’est pas la direction vers laquelle je veux emmener l’agriculture irlandaise. Il ne faut pas restreindre la production, à moins qu’elle ne soit limitée par les conditions naturelles. »
« Il y a une contradiction entre la politique de sécurité alimentaire et le changement climatique en Europe. Des objectifs de réduction des gaz à effet de serre ont été assignés pays par pays. En Irlande, l’agriculture représente 40 % des émissions. On attend de nous que nous réduisions nos émissions, ce qui va handicaper la croissance de notre production agricole, alors qu’elle est la plus performante en termes d’émission de CO2. Il faudra produire ailleurs, dans des régions où l’intensité d’émissions est plus importante. Nous devons être assez matures politiquement en Europe pour mener le débat sur le changement climatique et la sécurité alimentaire de front. »
« Les prix des matières premières vont continuer à augmenter. Il faut trouver des mécanismes de stabilisation pour les producteurs, mais nous ne pourrons pas maintenir des prix artificiellement. En Europe, on n’aura pas véritablement de problèmes, la vraie pression est dans les pays émergents. »