La taxe nutritionnelle subit le même sort que bien d’autres mesures ces temps-ci. Elle fait plus de peur que de mal. Car un grand principe a été oublié par ceux qui nous gouvernent, c’est qu’une décision bonne peut faire mal et qu’il faut en ce cas la prendre vite et complètement. On assiste à tout le contraire : on en parle, on reporte, on promet ou on menace, on met en suspens, on sursoit, on renonce… Faut-il créer un impôt nouveau ? la question ne soulèvera jamais l’enthousiasme. Mais veut-on donner un signal fort contre l’obésité et des pratiques alimentaires à risques ? cela s’est bien fait pour l’alcool et le tabac. Et c’est ce modèle qui un jour ou l’autre va l’emporter si des aliments sont pointés du doigt à cause d’une montée rapide de l’obésité ou d’autres ma-ladies. D’où l’urgence pour les défenseurs des bons produits et d’une diète à la française – et l’industrie alimentaire, comme l’artisanat et l’agriculture doit être de cette cohorte ! – de reconquérir l’opinion et d’assurer les autorités de leur rôle irremplaçable dans le « manger bien pour vivre mieux » (comme dit Nestlé en créant sa Fondation Nutrition). C’est là le meilleur gage de la santé publique de demain.
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